Bagira-Cahi : Les parents actifs dans l’enregistrement de leurs enfants à l’Etat civil

Bagira-Cahi : Les parents actifs dans l’enregistrement de leurs enfants à l’Etat civil

Enregistrer son enfant à l’Etat civil est un devoir civique que tout parent se doit de remplir. Contrairement aux années passées où ce devoir était moins connu des parents, aujourd’hui ces derniers sont de plus en plus conscients des avantages qu’offre cet acte. C’est le cas du quartier Cahi dans la commune de Bagira où le bureau de l’officier de l’Etat civil de ce quartier est à l’œuvre.

« Annonce : Chers parents, le bureau de l’Etat civil  de Cahi vous informe  qu’il enregistre les enfants à l’Etat civil chaque jour de 9h° à 14h°. L’officier de l’Etat civil ». Cette inscription, en swahili, invitant les parents à venir enregistrer leurs enfants est posée sur la fenêtre du bureau du quartier et de l’Etat civil de Cahi, dans la commune de Bagira, ville de Bukavu au Sud-Kivu.

L’officier de l’état civil sensibilise

Depuis plusieurs mois, les autorités du quartier de Cahi mènent une intense campagne de sensibilisation pour inviter les parents à venir enregistrer leurs enfants à l’Etat civil.

« Nous faisons de notre mieux pour sensibiliser les parents sur leur devoir civique  à enregistrer leurs enfants à l’Etat civil. Nous passons dans les églises, dans les maternités, à la radio et dans d’autres occasions afin de sensibiliser les parents », a confié à jambordc.info Alphonse Muhindo, officier de l’Etat civil du quartier de Cahi.

Muhindo et son équipe de recensement  vont  au-delà de la simple sensibilisation. Dans leur programme, ils se rendent deux fois par semaine à la maternité pour y rencontrer le plus des nouveaux nés pour les enregistrer.

« A la maternité, nous avons la facilité de rencontrer les bébés qui y sont nés et nous pouvons les enregistrer directement. A part cela, nous y rencontrons les  enfants qui viennent pour recevoir le vaccin dans les structures sanitaires »,  explique Muhindo,  rencontré vendredi à la maternité du Centre hospitalier 8è CEPAC Cahi lors d’une séance d’enregistrement des nouveaux-nés.

Parmi les mamans qui font la queue devant la table de l’Officier à la maternité, une jeune mariée explique les raisons pour lesquelles elle est venue faire enregistrer son enfant.

« J’ai décidé avec mon mari de venir enregistrer notre premier fils à l’Etat civil. C’est très bien de le faire car l’enfant sera reconnu par l’Etat. En plus, cela permet à l’enfant de traverser la frontière lors des voyages à l’extérieur du pays », explique Esther Mawazo.

Pour elle, le certificat délivré par l’Etat-civil offre d’autres avantages, au-delà de la traversée des frontières, telle la sécurité de l’enfant en cas de kidnapping.

« Il existe aussi des cas des mamans qui volent les enfants pour aller les vendre ou pour les garder chez eux. En obtenant le Certificat de naissance de l’Etat, l’enfant est en sécurité. En cas de vol, vous pouvez le récupérer facilement (…) », ajoute Mawazo.

Une procédure facile

L’enregistrement des enfants à l’Etat civil est plus accessible aujourd’hui  qu’il y a une décennie. Le témoignage de Kamole Marie-Claire, habitant Mulengeza (Cahi) prouve l’importance d’instaurer ce système au niveau des structures sanitaires.

« L’enfant que je suis venu faire enregistrer est mon troisième fils, …»,  Mes deux premiers fils n’ont pas été enregistrés car, avant, il fallait aller à la zone qui est loin de chez moi. L’information ne passait pas et les gens n’étaient pas intéressés (…) Nous sommes toujours sensibilisées par les médecins lors des CPN (Consultations Pré-Natales, Ndlr) et après l’accouchement. Aujourd’hui, on peut acquérir ce document à la maternité. Ils nous disent que seul le certificat de naissance de la maternité ne suffit pas », raconte-t-elle.

Il revient aux parents de déclarer leur enfant à l’Etat civil. En cas d’empêchement, les grands parents, les grands frères ou sœurs sont permis de le faire.

Quelques documents sont exigés lors de cet acte civil.

«  Il faut la carte d’identité de celui qui vient déclarer l’enfant, mais aussi le certificat de naissance de la maternité. Au cas où l’enfant est né à la maison, il faut présenter une lettre du chef de l’avenue attestant que l’enfant est né dans le quartier et que ses parents sont les vrais, ou bien les fiches des CPN de l’hôpital », explique Alphonse Muhindo

Il encourage les parents à venir enregistrer leurs enfants dans le délai de quatre-vingt-dix jours après la naissance, conformément à la législation congolaise.

« Toute naissance survenue sur le territoire de la République est déclarée à l’officier de l’Etat civil de la résidence du père ou de la mère dans les quatre-vingt-dix jours qui suivent la naissance. La déclaration de naissance et la délivrance de l’acte de naissance intervenues dans le délai légal se font sans frais », précise l’article 116 du code de la famille.

« Pour ceux qui ont dépassé le délai légal, c‘est-à-dire quatre-vingt-dix jours après la naissance, ils doivent venir avec un jugement supplétif délivré par un tribunal de paix », ajoute l’officier de l’Etat-civil.

Ce jugement s’obtient après avoir payé une amende transactionnelle auprès de l’instance précitée qui délivre une preuve du jugement au requérant.

D’après les statistiques du quartier Cahi au cours des mois de juillet et août derniers, 151 enfants ont été enregistrés auprès de l’Officier de l’Etat civil dont 86 en août et 65 au mois de juillet.

Plusieurs stratégies sont en train d’être mises en œuvre pour sensibiliser tous les parents à remplir ce devoir civique pour le bien de leurs enfants, rassure Muhindo.

Alfred Mukengere

Jambo1

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