Dans une région comme l’Est de la République démocratique du Congo, marquée par la recrudescence de la violence armée, les discours de haine fragilisent la cohésion sociale, affaiblissent les valeurs communes et peuvent exacerber la violence, faisant ainsi reculer la cause de la paix, de la stabilité, du développement durable et de la dignité humaine, estime Joseph Konda, vulgarisateur culturelle et président du centre culturel Ndaro à Bukavu (Sud-Kivu).
Pour lui, l’effet dévastateur de la haine n’est malheureusement pas nouveau. Son origine selon Joseph Konda, vient d’un fait qui est le résultat d’un manque d’incompréhension entre deux protagonistes.
Les discours de haine prennent place lorsqu’il y a absence de cohésion, ils sont la conséquence des faux bruits de campagne faite contre tel ou tel individu.
Cependant, son ampleur et son impact dans une région comme le Sud-Kivu en proie par la persistance des groupes armés, à caractère tribal, sont aujourd’hui amplifiés par les nouvelles technologies de communication, au point que les discours de haine y compris en ligne, est devenu l’une des méthodes les plus fréquentes pour propager une rhétorique et idéologies qui divisent les communautés, et menacer la paix.
Joseph Konda indique que l’une de ses conséquences est qu’il y a endurance du conflit, qui par la suite traverse les montagnes.
« Les discours de la haine viennent de quelqu’un qui envisage de semer un désordre, un mal entendu, qui propage le bruit, et vulgarisé partout dans la contrain ; et qui crée des conséquences : le conflit, la violence…et quand ça se vulgarise ça crée une haine, qu’il faut éviter absolument,» explique Joseph Konda, vulgarisateur culturelle et président du centre culturel Ndaro.
Il encourage enfin les acteurs à mieux comprendre et contrôler les discours haineux et leurs effets sur les sociétés. Aussi, il exhorte à tous de cultiver l’esprit de la concorde, de paix et de la cohabitation.
« La haine prend place quand il n’y a pas de cohésion, quand il y a des gens qui sont en conflit. Ce sentiment de haine lors que ça dure, ça traverse les montagnes. Que les communautés s’entendent, qu’elles cohabitent et que tout le monde sache qu’on n’est pas seul au monde,» conclut Konda.
Patrick Batumike


