Alors que les consultations en vue d’un dialogue national inclusif se précisent en République démocratique du Congo, le Parlement citoyen pour la démocratie et la bonne gouvernance–Baraza La Raiya (PCDBG-BR/Asbl-DDH) met en garde contre toute démarche qui sacrifierait les exigences de justice. Dans un communiqué publié ce samedi 18 juillet, l’organisation estime que la recherche de la paix ne doit pas effacer les responsabilités liées aux crimes commis durant les conflits armés.
Dans sa déclaration consultée par notre rédaction ce même samedi, l’organisation trace ses lignes rouges avant l’ouverture annoncée d’un dialogue national en République démocratique du Congo. Sans rejeter le principe d’un cadre de concertation, cette organisation de défense des droits humains soutient qu’aucun « processus politique ne peut se construire au détriment de la justice due aux victimes» des conflits.
Le PCDBG-BR affirme avoir pris acte de la volonté exprimée par le président Félix Tshisekedi de convoquer un dialogue national destiné à renforcer la cohésion nationale face à la crise sécuritaire.
L’organisation insiste toutefois sur le fait que la stabilité recherchée ne pourra être durable qu’en s’appuyant sur les principes de la justice transitionnelle.
Pour le Parlement citoyen, les violences qui frappent l’Est du pays depuis plusieurs années ont laissé un lourd bilan humain, marqué notamment par des massacres, des déplacements forcés, des violences sexuelles, des pillages et d’autres atteintes graves aux droits humains.
À ses yeux, ces « crimes ne doivent ni être oubliés ni faire l’objet d’arrangements politiques». L’organisation estime ainsi que les « auteurs présumés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres violations graves doivent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes», conformément aux engagements internationaux de la République démocratique du Congo et aux dispositions de sa Constitution.
Le PCDBG-BR affirme également qu’il ne participera pas à un dialogue qui inclurait des groupes armés ayant combattu la République sans que les responsabilités judiciaires ne soient établies. Cette position, précise-t-il, vise à « préserver les droits des victimes, à lutter contre l’impunité et à protéger la souveraineté nationale».
Dans le même communiqué, l’organisation rend hommage aux militaires des FARDC, aux combattants Wazalendo ainsi qu’aux civils tués dans les différents conflits. Elle appelle les autorités congolaises à poursuivre les efforts diplomatiques pour obtenir la fin des agressions contre le pays, tout en veillant à ce que toute initiative politique respecte les exigences de justice.
Le PCDBG-BR invite enfin les Congolais à privilégier « l’unité nationale, le patriotisme et une gouvernance fondée sur la compétence et l’intérêt général», estimant qu’une paix durable ne peut être construite sans vérité, sans justice et sans reconnaissance des victimes.
Juvénal MUTAKATO


