Lambert Mende : « On ne peut pas reprocher à la police d’envoyer des gaz lacrymogènes »

Lambert Mende : « On ne peut pas reprocher à la police d’envoyer des gaz lacrymogènes »

Les forces vives et les partis de l’opposition, répondant au rendez-vous de la marche organisée par le Comité laïc de coordination de l’Eglise catholique de la République démocratique du Congo, ont accusé le gouvernement d’avoir réprimé violemment les manifestants, ce dimanche 31 décembre 2017.

Le bilan provisoire présenté par des sources concordantes fait état d’au moins 7 morts, une cinquantaine des blessés, plus de 118 interpellés et des dégâts matériels collatéraux.

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Le porte-parole du gouvernement, le ministre Lambert Mende, conteste ce bilan et explique les heurts par une probable présence des agitateurs parmi les marcheurs.

« Il y en avait qui étaient pacifiques. Mais les autorités municipales de Kinshasa les avaient prévenus : il y avait une récupération par des forces qui n’étaient pas, elles, pacifiques. On leur a demandé de ne pas organiser ces marches parce que l’évaluation de la situation de la sécurité prévoyait cette situation-là. Mais ils n’ont rien voulu entendre. Et voilà, nous en sommes maintenant à des pertes en vies humaines », explique Mende, interrogé par Rfi.

Les manifestants accusent les forces de l’ordre d’avoir tiré des gaz lacrymogènes et les poursuivre jusqu’à l’intérieur de l’église, une attitude que soutient par contre le Porte-parole du gouvernement congolais.

« S’ils ont eu des indications révélant que les forces non-pacifiques ont pu y entrer, je ne pense pas qu’on peut interdire à une force de police de pourchasser un terroriste parce qu’il est entré dans une église », confie-t-il.

La CENCO juge inacceptable l’attitude du gouvernement et juge que l’accord de la Saint Sylvestre n’est pas mort. L’Eglise tient à maintenir un dialogue permanent entre le pouvoir et l’opposition.

« Les forces de sécurité ont réprimé en tirant même à bout portant (…) Nous sommes là devant une atteinte grave à la liberté de culte et de manifester qui sont des fondamentaux de la constitution. Nous sommes tristes. Il y a un grand travail qui a été fait, un bon résultat qui a été trouvé, il a suffi de l’appliquer de bonne fois (…) L’accord n’est pas encore mort », a martelé l’Abbé Donatien N’shole, secrétaire général de la CENCO.

La marche du 31 décembre 2017 avait pour objet d’exiger la tenue des élections en RDCongo dans le respect de l’Accord de la Saint Sylvestre signé entre les parties prenantes au dialogue sous l’égide des évêques catholiques le 31 décembre 2016.

Jean-Marie Mulume

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Jambo1

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