Que pensent les jeunes de Bukavu sur le mandat de la Monusco ?

Les conflits armés et des crises électorales persistent en RDCongo où la Monusco concoure à la protection des civils mais aussi veiller à l’évolution du processus électoral pour une alternance politique. La Monusco, présente en RDC depuis plus de 15 ans, son mandat et sa mission a constitué un débat entre des jeunes de Bukavu et la Mission des nations unies. Les jeunes restent moins convaincus du travail que rend cette organisation au peuple congolais estimant qu’il ne plus opportun de renouveler un autre mandat.

Dans les échanges sur la compréhension du mandat de la Monusco au pays, ces jeunes contestent la résolution 2409 qui fonde l’actuel mandat de cette structure dans le pays. Cette résolution consiste à assister la RDC dans la protection du pays et l’accompagnement dans le processus électoral. « Chose qui n’est pas visible sur le terrain », regrettent la majorité de ces jeunes. Pour eux, cette organisation accompagne « les mauvaises actions du gouvernement en place en république démocratique du Congo ».

« La Monusco ne se limite qu’aux déclarations. Elle n’intervient jamais en cas de répression [comme par exemple] lors des marches de pacifiques, elle ne fait que soutenir les mauvais agissements du gouvernement en place », déclare Didier Katembera participants à ces échanges.

Et à un autre de renchérir : « peut-être que les citadins peuvent dire que cette Mission existe. Les villageois diront tous le contraire. Moi qui ai vécu au village je dis que cette Monusco n’intervient pas, elle n’est là que pour observer. Et, c’est regrettable pour nous parce qu’ils nous exploitent humainement et matériellement », déplore un étudiant de l’UEA en deuxième année de licence en sciences sociales.

Dans leurs exposés, ces jeunes trouvent du mal à soulever des points positifs de la Monusco.  C’est le cas de Frederick Libaku qui pense que la Mission des nations unies n’a jamais été une résolution de conflits dans le pays où elle est basée partout au monde.

« Pourquoi continuer à compter sur l’aide des nations-unies ? C’est un combat d’intérêt, elle soutient les groupes armées et les milices pour qu’elle continue à rester en RDC pour observer, se moquer de nous et s’enrichir car eux le gouvernement congolais ne  les contrôle pas. Nulle part où les casques bleus ont déjà résolu les problèmes au monde », dit Esther Neema, étudiante.

Par ailleurs, d’autres intervenants pensent que la présence de la Monusco est plus bénéfique aux  politiques qu’à la population civile.

« La peuple congolais en a marre du régime en place, mais  la Monusco continue d’accompagner le gouvernement au détriment des populations civiles voués à toutes sortes de crimes » dit avec tristesse Olivier  Kibambo.

Ils proposent que le peuple seul se prenne en charge.

«On se trompe. La sécurité de nations-unies est une hypocrisie. Elle ne peut pas nous donner la paix. Prenons le cas du Rwanda, du Burundi et tant d’autres pays où l’Onu n’est pas présente, mais voyez ce qui s’y passe. Seul le peuple congolais devrait se prendre en charge et ignorer la présence des éléments de la Monusco », lance une jeune activiste des droits humains à l’issue de l’atelier.

Plusieurs questions posées à l’orateur du jour, monsieur  Ephrem représentant la Monusco à ces assises sont restées sans réponses. C’est notamment, quel bilan la Monusco fait de son mandat ? Pourquoi n’intervient-elle jamais la nuit ? Peut-on dire que la Monusco a réellement sa place en RDC ? Si le gouvernement en place ne veut pas organiser les élections en décembre 2018 comme prévue, que fera-t-elle ? Quelle est son apport pour l’implication des jeunes dans le processus électoral ? Et tant d’autres.

Dans les coulisses, on pouvait entendre ces jeunes murmurer « on a rien à attendre du conseil de sécurité des nations-unies. La Monusco est de mèche avec le gouvernement, ils le disent eux-mêmes. Ils sont là pour accompagner les actions du gouvernement ».

Materne Nsiku

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