Processus électoral : La CENCO appelle le Président Edgar Lungu à peser de tout son poids pour la tenue des élections inclusives et apaisées en RDC

Au cours d’un plaidoyer à Lusaka, le weekend dernier, les Evêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont été reçus par Edgar Lungu, Président de la Zambie et Chairman de la Troïka de la SADC sur la Politique, la Sécurité et la Défense. Au menu des échanges, l’évaluation du processus électoral en cours en République démocratique du Congo.

 En effet, la situation socio-politique actuelle de la RDC inquiète de plus en plus à 3 mois des élections. Les Pasteurs catholiques se disent convaincus que l’implication du président de la commission politique, sécuritaire et défense de la SADC pourrait contribuer à dénouer la crise.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

« …considérant l’importance et le rôle de la SADC dans la sous-région, nous voulons partager avec vous, en tant que Chairman de la Troïka de la SADC sur la Politique, la Sécurité et la Défense, nos préoccupations concernant l’évaluation du processus électoral en République Démocratique du Congo dans la conviction qu’avec vos collègues de la SADC, vous pouvez aider le Peuple congolais à sortir de cette crise et à gagner le pari de l’organisation des bonnes élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, le 23 décembre 2018 », lit-on dans une note de la CENCO.

 Les parrains de l’Accord de la Saint Sylvestre note, des avancées dans le processus tels que « l’existence d’un fichier électoral audité, le respect du calendrier électoral, le financement progressif du processus par le gouvernement congolais (…) ».

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Ils ont, tout de même, évoqué plusieurs points négatifs constituant leurs inquiétudes. C’est entre autre :

« 1. L’existence d’environ 6 millions d’électeurs enregistrés dans le fichier électoral sans empreintes digitales, ledit enregistrement étant biométrique ;

  1. La détermination de la CENI à utiliser la machine à voter malgré l’absence d’un consensus des parties prenantes ;
  2. La tension croissante du climat socio-politique ».

Ceci expliquerait, d’après les prélats catholiques, à la base de la faible mise en œuvre des mesures de décrispation de l’espace politique (cas emblématiques : prisonniers et exilés politiques) ;

Les dénonciations par quelques parties prenantes de la manipulation de la CENI et des Cours et Tribunaux par le pouvoir en place ;

L’exclusion du processus électoral des quelques acteurs majeurs de l’opposition ;

Les interdictions, les dispersions, les répressions des marches et manifestations publiques organisées par les partis et regroupements politiques de l’opposition et les mouvements citoyens ;

La confiscation des médias publics au profit du pouvoir en place.

La CENCO déplore « la persistance de l’insécurité, notamment à l’Est de la République Démocratique du Congo, le retard d’inviter les missions internationales d’observation électorale et l’éventualité de rejeter des élections biaisées par beaucoup de congolais et par la communauté internationale ».

Craignant le risque de « basculer dans la violence pouvant embraser toute la sous-région de grands-Lacs, faute des élections crédibles, inclusives et apaisées », les Pasteurs catholiques ont dressé une liste des recommandations à l’endroit du chef de la politique de la SADC.

« 1. Que Son Excellence Monsieur le Président de la Zambie et Chairman de la Troïka de la SADC sur la Politique, la Sécurité et la Défense, puisse peser de tout son poids pour convaincre le Gouvernement congolais à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique selon l’Accord de la Saint-Sylvestre et pour la tenue d’élections inclusives et apaisées ;

  1. Impliquer les parties prenantes à trouver le consensus sur la machine à voter/ou à recourir aux bulletins papiers, le cas échéant, comme c’est prévu dans les lignes 38, 39 et 40 du calendrier électoral ;
  2. Appeler la CENI à la clarification des cas des personnes enregistrées dans le fichier électoral sans empreintes digitales ;
  3. Appuyer l’accréditation des Observateurs électoraux tant nationaux qu’internationaux : du 08 novembre 2018 au 10 décembre 2018 (ligne 42 du calendrier électoral);
  4. Appeler la CENI à faire connaître à la MONUSCO et aux partenaires de la République Démocratique du Congo les besoins logistiques pour contribuer au déploiement des kits électoraux sur terrain ;
  5. Appeler toutes les parties prenantes à la tenue effective d’élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, le 23 décembre 2018», insiste la CENCO.

Pour eux, si ces préoccupations ne trouvent pas de réponses favorables, « nous risquons, soit de ne pas avoir les élections le 23 décembre 2018, soit avoir des élections biaisées ».

Jean-Marie Mulume

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