Kinshasa : Le “grand meeting populaire” annoncé par Etienne Tshisekedi ce samedi 05 novembre 2016 n’a pas eu lieu

Kinshasa : Le “grand meeting populaire” annoncé par Etienne Tshisekedi ce samedi 05 novembre 2016 n’a pas eu lieu

Un déploiement musclé de la Police, couplé un étrange et interminable match de football au lieu de la manifestation auront suffi à clore cette journée qui finalement sans éclat…

Les autorités de la ville de Kinshasa avaient interdit cette manifestation des opposants du Rassemblement, mais ils se sont référés à l’article 26 de la constitution qui garantit la liberté de manifestation pour finalement passer à l’exécution. Dès 23h (heure de Kinshasa), des policiers ont été déployés sur le Boulevard Triomphal de Kinshasa, lieu traditionnel où le Rassemblement, la grande coalition des opposants au président Joseph Kabila a pris habitude d’y organiser ses meetings. « Nous sommes ici pour organiser le déploiement de demain. Nous avons des ordres clairs: empêcher le meeting de ces opposants », explique un officier à Politico.cd.

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Dans la matinée du samedi 05 novembre, cette présence policière s’est accentuée: bouclant les lieux et toutes les rues qui jouxtent le Boulevard Triomphal, situé non loin des sièges des partis de l’opposition sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-vubu, près du centre-ville.

Outre la Police nationale, le Pouvoir a fait  usage d’un bien curieux dispositif pour empêcher les partisans de Tshisekedi de protester contre le « glissement », terme donné à la prolongation du mandat du président Joseph Kabila au-delà du 19 décembre, telle que l’exige la Constitution. Le terrain de football qui forme l’endroit de la manifestation était totalement occupé par des équipes de football improvisées.  Plusieurs équipes livraient une partie de football qui a duré pendant plus de 5 heures, ont constaté nos correspondants sur place.

« Curieusement, les seuls spectateurs admis sont des policiers. Les équipes se relayent. A chaque pause, les joueurs au repos rechaussent les bottines. Difficile de savoir quand les trois rencontres prendront fin. La stratégie d’empêcher l’opposition à tenir son meeting a payé », observe 7sur7.cd, un média kinois traditionnellement acquis à l’opposition congolaise. Du côté de la Police nationale, on affirme qu’un tournoi de foot y était prévu de longue date.

Dans les alentours du « stade improvisé », des véhicules de la Police nationale, mais aussi ceux de la Mission Onusienne dans le pays étaient présents. Des agents du Bureau conjoint des droits de l’homme de l’ONU aussi. «Tous les congolais, notamment les organisateurs de ce meeting et leurs militants ainsi qu’aux forces de l’ordre de la ville de Kinshasa sont censés encadrer cet évènement et à faire preuve de retenue et de responsabilité.» avait déclaré Maman Sambo Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC,

A moins de cinq kilomètres de là, dans la commune de Limete, fief traditionnel de l’opposition et où est située la résidence d’Etienne Tshisekedi, opposant et président du Rassemblement, la Police a tiré en l’air dès 9h pour disperser des partisans qui influaient en masse pour répondre à l’appelle de leur leader. Peut-on lire sur Politico.cd

A la mi-journée, le signal de la Radio France Internationale (RFI) était coupé et celui de la Radio Okapi (une chaine de radio appartenant à la mission de l’organisation des nations unies au Congo : MONUSCO) était brouillés à Kinshasa, la capitale congolaise.

« Nous trouvons dommage qu’une radio comme Radio Okapi, qui est au service du peuple congolais, soit brouillée. (…) Et nous déplorons aussi le fait que le signal de Radio France Internationale, qui émet sur Kinshasa, ait également été coupé », a déclaré Charles Bambara, porte-parole de la Mission de l’ONU au Congo sur Rfi.Fr.

Jean-Marc Kabund, le Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS, parti d’Etienne Tshisekedi) est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie « d’un Etat policier ».  « Ce déploiement des forces de l’ordre est le signe de la peur du régime et de la volonté d’un passage en force », a-t-il affirmé, promettant la poursuite de la marche, sans donner plus de précisions. A renchéri Politico.cd.

Théophile OMBENI

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