La persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo continue d’affecter non seulement les populations, mais aussi la faune sauvage. Des experts en conservation alertent sur une migration croissante de certaines espèces animales vers les pays voisins, conséquence directe des conflits armés qui secouent plusieurs aires protégées.
Les principaux parcs nationaux de l’Est du pays, notamment les Virunga, Kahuzi-Biega, la Réserve de faune à okapis (RFO) et le Parc national de la Garamba, subissent les effets de cette instabilité.
Les affrontements armés, les déplacements de populations et la présence de groupes armés compliquent considérablement les efforts de protection de la biodiversité.
Selon Gédéon Bakerthi, expert en éducation environnementale, cette situation compromet la gestion durable des ressources naturelles. Il explique que les animaux sont contraints de quitter leurs habitats naturels pour chercher des zones plus sûres.
« Il est constaté que certains animaux se déplacent du Parc national des Virunga vers le Rwanda et l’Ouganda. Dans plusieurs secteurs, les écogardes ne peuvent plus assurer les patrouilles à cause de l’insécurité, » affirme-t-il.
L’expert rappelle que plusieurs écogardes ont perdu la vie dans l’exercice de leur mission de protection de la faune et de la flore, illustrant les risques auxquels sont confrontés les acteurs de la conservation dans cette région en conflit.
Face à cette réalité, Gédéon Bakerthi plaide pour une collaboration entre les États de la région afin d’assurer le suivi des animaux qui franchissent les frontières et garantir leur protection jusqu’au retour de conditions favorables.
« Lorsque la paix sera rétablie, ces animaux reviendront naturellement dans leurs habitats d’origine, car ils ont besoin d’un environnement paisible, » soutient-il.
Il estime enfin que le retour de la paix demeure une condition essentielle pour préserver le patrimoine naturel de la RDC, reconnu comme l’un des plus riches d’Afrique en matière de biodiversité.
La restauration de la sécurité permettrait également la reprise des activités touristiques dans les parcs nationaux, aujourd’hui fortement perturbées par les conflits armés.
Laetitia Matabaro (stagiaire)


