Kalehe: La population de Nyamukubi dénonce les abus commis par les autorités locales et services de sécurité dans le groupement de Mbinga Sud

Dans le cadre de son projet de résolution des conflits par le renforcement du leadership des femmes en groupement de Mbinga-Sud en territoire de Kalehe au Sud-Kivu (phase 2), le Réseau des Femmes pour les Droits et la Paix (RFDP) a organisé, ce samedi 16 octobre 2021, une tribune d’expression citoyenne à Nyamukubi. Cette activité qui s’est tenue sous le thème “Mazingira bora na amani ya kudumu kupitiya kazi za wanawake vijijini ” coïncide avec la Journée Internationale de la Femme Rurale célébrée le 15 octobre de chaque année.

Selon le chargé de suivi et évaluation dudit projet, Félix Birimwiragi, Cette tribune d’expression citoyenne vient de réunir la population de Kalehe dont la majorité est des membres des Comités d’Alerte pour la Paix (CAP) accompagnés par le RFDP ainsi que les autorités administratives et policières. Ceci pour dénoncer les différents abus commis par certains agents du milieu qui sanctionnent la population sur des affaires non infractionnelles, une situation qui freine la paix durable dans cette partie de la province du Sud-Kivu.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

” La population de Nyamukubi en groupement de Mbinga sud a exposé aux autorités locales les abus et cas qui ne sont pas infractionnels mais sont punis par les autorités policières commises dans cette municipalité, elle a parlé également des abus commis par l’ANR, la police lacustre et les militaires marins afin de les demander à justifier les irrégularités dans leur manière de faire sur l’application de la loi du pays”, a-t-il expliqué.

Birimwiragi indique qu’à l’issue de cette activité d’expression citoyenne, plusieurs résultats sont attendus, notamment la justification par le commandant de la Police, l’ANR, les militaires lacustres des abus causés par ses éléments, la mise en application des résolutions prises entre la Police et la population afin de mettre fin à ces genres de pratiques dont sont victimes les femmes rurales et en générale toute la population du milieu, ainsi que l’implication active de l’administrateur du territoire de Kalehe en vue de restaurer la sécurité dans les coins de sa juridiction.

A cette occasion, la population a soumis à l’autorité locale son mémorandum dans lesquelles sont couchés les différents abus commis par les éléments de l’ordre dans plusieurs coins de Kalehe et particulièrement du groupement de Mbinga sud.

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Dans ce mémo, les femmes de cette entité notent les discriminations féminines liées à l’héritage, le problème des autorités policières de différencier les affaires pénales et les affaires civiles

” Nous avons constaté que les autorités locales d’ici chez nous à Nyamukubi ne savent pas distinguer les affaires pénales et les affaires civiles, ces dernières commettent mêmes les infractions liées aux injures publiques mais qui ne sont pas punies et c’est au contraire la population qui est sanctionnée pour des faits non valables. La police et l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) s’occupent des affaires coutumières comme les problèmes d’accès à l’héritage et des conflits fonciers. Nous pensons que cette activité d’aujourd’hui est très importante du fait que nous population nous avons dit ouvertement les vraies difficultés nous imposées par les agents de l’ordre et les autorités vont chacune à ce qui la concerne trouver la solution pour une paix durable dans notre milieu”, laisse entendre Furaha Bisuru Aimée présidente du CAP Muhongoza et participante dans cette tribune d’expression citoyenne.

” (…) D’autres problèmes sont liés aux arrestations arbitraires par les éléments de la Police sous ciat Nyamukubi qui arrêtent les gens sans les convoquer à leur bureau, moins encore être informés immédiatement de leurs infractions, le paiement d’une somme d’argent avant de rendre visite aux prisonniers, le paiement de la convocation et l’invitation qui n’est pas malheureusement régi par la loi, plusieurs personnes arrivées au bureau du sous ciat, sont arrêtées par la Police sans pourtant réunir toutes les preuves. Nous demandons aux autorités administratives et policières de restaurer l’autorité de l’Etat dans notre village de Nyamukubi “, a renchéri Cirhuza Lushama Gédéon, participant dans ces assises et président de la société civile de Nyamukubi.

En réaction, l’administrateur du territoire assistant en charge des questions économiques, finances et développement du territoire de Kalehe Pascal Cimana Masikilizano qui a pris part à ces assises, qualifient de réelles les différentes plaintes formulées par ses administrés. Ceci avant de souligner que des dispositions utiles sont et vont continuer à être prises afin de mettre fin à toutes ces formes de tracasseries dont est victime la population de la part des agents de l’ordre.

” Nous avons instruit notre Police de ne pas arrêter les habitants sans aucune invitation ni convocation mais aussi sans aucune infraction commise, car cette situation ronge la population et aujourd’hui, nous ensemble avec le commissaire titulaire de la Police engageons de mutualiser nos efforts afin de mettre hors d’état de nuire ces différentes pratiques évoquées par la communauté ”, a-t-il déclaré.

Cimana promet un dialogue restreint entre les services spécialisés en l’occurrence la Police Nationale Congolaise, l’ANR, la force navale pour leur demander de jouer correctement leur rôle mais aussi et surtout d’éviter de tracasser la population. Il invite par ailleurs, la population à faire preuve de l’éducation civique et fiscale ainsi que continuer à dénoncer tout cas suspect.

Il sied de signaler que cette tribune d’expression citoyenne organisée par le RFDP, rentre dans le cadre de son projet de ” résolution des conflits par le renforcement du leadership des femmes en groupement de Mbinga-Sud en territoire de Kalehe au Sud-Kivu (phase 2)”. Lequel projet est exécuté dans le groupement de Mbinga sud en territoire de Kalehe avec l’appui financier de GIZ.

Moïse Aganze

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