Education : « Il faut une volonté politique pour supprimer la prime à l’école primaire », Me Jean Claude Mirindi

Me Jean Claude Mirindi, ancien président de l'APEC et militant des droits à l'éducation

Ancien président de l’association des parents d’élèves catholiques, APEC, Me Jean Claude Mirindi fait partie des parents qui attendent impatiemment l’effectivité de la gratuité de l’éducation de base d’ici la rentrée scolaire en République démocratique du Congo, RDC.

Alors que la rentrée scolaire est confirmée pour lundi 2 septembre, à deux semaines, des mesures concrètes  se font toujours attendre.

« La prime a déjà fait plus de victimes pour les enfants qui ne peuvent pas accéder à l’école », fait remarquer Jean Claude Mirindi.

Depuis plus de 10 ans, cet activiste du droit à l’éducation est au front pour exiger l’effectivité de la gratuité de l’enseignement primaire.  Au nom de son organisation, l’APEC, il a organisé des marches, appelé aux grèves, participé à toute forme de pression sur les gouvernants aux côtés des enseignants. C’est lui qui a d’ailleurs lu à Bukavu, en 2010, la « déclaration de l’enterrement de la prime » des acteurs sociaux et de l’éducation. Mais chaque fois le gouvernement leur promet d’y mettre fin sans réaliser.

Marche des parents du Sud-Kivu contre la prime en 2015. Ph droit des tiers

« Il faut les moyens et la volonté politique »

Peut-être que cette fois-ci c’est la bonne ? Maître Jean Claude est hésitant. « Difficile de croire aux engagements des politiciens… », Reconnait-il.  « …Mais il y a des signaux positifs ».

Depuis plusieurs jours, les syndicats des enseignants ont accentué la pression sur le nouveau régime. Des contacts ont été renoués avec le gouvernement pour voir comment en finir cette fois ci avec la prime. « Un comité technique a été mis en place pour étudier les modalités de la gratuité. Mais tout cela demande des moyens et la volonté politique », insiste Me Mirindi.

Les moyens oui! Parce que des milliers d’enseignants en République démocratique du Congo ne sont toujours pas mécanisés. D’autres ne sont tout simplement pas payés par l’Etat.  Mais aussi, dans plusieurs écoles publiques, la prime payée par les parents (pour que les enfants soient admis aux cours) supporte plus de 80 pourcent des charges de fonctionnement. L’Etat devra donc compenser tout cela par son appui.

Mais Jean Claude Mirindi est catégorique. « Les moyens sont là, le Congo ne manque pas d’argent», insiste-il pointant du doigt les fonctionnaires corrompus qui détournent l’argent de l’Etat. « Il faut seulement qu’on arrête ce circuit, il y aura l’argent pour payer les enseignants et les autres fonctionnaires ».

Si l’article 43 de la constitution rend “gratuit” et “obligatoire” l’enseignement de base, à ce stade, rien ne prouve que la promesse du nouveau chef de l’Etat de l’appliquer soit suivie des faits. L’année s’annonce donc tendue si le gouvernement ne tient pas parole.

 «  Les enseignants ont déjà annoncé qu’il vont aller en grève. Les parents sont aussi mobilisés. La pression va s’accentuer», prévient Me Mirindi qui n’exclut pas la possibilité  de voir une grève se déclencher dans toutes  les écoles publiques de la RDC.

Prince Murhula

1 thought on “Education : « Il faut une volonté politique pour supprimer la prime à l’école primaire », Me Jean Claude Mirindi

  1. Il faut non seulement le moyen et la volonté politique, mais aussi un engagement ferme des Églises catholiques à travers la CENCO et protestantes à travers l’ECC.

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