L’École technique de journalisme (ETJ) a réuni, mardi 25 août à Bukavu, ses anciens étudiants et formateurs autour de son apport à l’environnement médiatique au Sud-Kivu. Cette rencontre a permis d’évaluer la qualité de la formation, de recueillir les expériences des anciens et de formuler des recommandations pour renforcer les prochaines promotions.
Placée sous le thème « L’apport de l’École technique de journalisme dans l’environnement médiatique au Sud-Kivu », cette activité a été organisée en collaboration avec l’ONG Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains (JPDDH), avec l’appui de la National Endowment for Democracy (NED).
Au cours des échanges, les anciens étudiants ont salué les efforts et l’engagement de l’ETJ dans la formation des professionnels des médias. Le service des formations est également revenu sur les principaux acquis et défis rencontrés par l’école au cours de ses douze années d’existence, marquées par 22 promotions.
Parmi les anciens étudiants présents, Rachelle Rugarabura, journaliste, se dit fière d’avoir bénéficié d’une formation qu’elle qualifie de fortement axée sur la pratique. Elle encourage néanmoins l’ETJ à multiplier les séances de sensibilisation et à renforcer davantage le principe de la « radio-école ».
« Ce que nous sommes aujourd’hui, c’est grâce à ETJ. Cette école nous a permis de pratiquer un bon journalisme, un journalisme professionnel, » a-t-elle témoigné.
Alain Kabika, ancien étudiant de l’ETJ et journaliste à la radio Maendeleo, estime pour sa part que cette école lui a permis de réaliser un rêve d’enfance.
« Depuis mon enfance, je rêvais de devenir journaliste. J’ai connu cette école et j’ai décidé d’y aller étudier. L’ETJ nous a transformés, aujourd’hui nous sommes fiers de la formation acquise qui fait de nous ce que nous sommes dans le monde médiatique au Sud-Kivu, » explique-t-il.
Une école confrontée aux défis de la région
Formateur à l’ETJ depuis 2016, Eugide Abalawi salue la résilience de l’institution face aux différentes difficultés qui ont marqué la région.
« L’ETJ a su résister aux secousses économiques, sécuritaires de la région. Cette école se distingue par sa formation pratique de qualité, » a-t-il témoigné.
Jean Kamengele Omba, formateur depuis la création de l’ETJ, encourage quant à lui l’organisation JPDDH, initiateur de cette école, à poursuivre son accompagnement. Pour lui, cette initiative mérite davantage de soutien et de pérennisation afin de contribuer à la transformation de l’environnement médiatique.
Olivier Mwamba, formateur à l’ETJ depuis trois ans, estime que ces échanges constituent une occasion de renforcer la collaboration entre les anciens étudiants, les formateurs et les nouvelles promotions.
Il appelle ainsi la coordination de l’école à poursuivre ses efforts pour maintenir une formation de qualité, considérant l’ETJ comme un cadre important pour la professionnalisation des journalistes au Sud-Kivu et au-delà.

Plusieurs recommandations formulées
Après les échanges d’expériences, les participants ont travaillé en carrefours afin d’identifier les principaux défis auxquels l’ETJ fait face et de proposer des pistes d’amélioration.
Parmi les recommandations formulées figurent notamment le renforcement du matériel didactique, le respect du calendrier académique ainsi que l’organisation des vacations matin et soir, afin de permettre aux étudiants de mieux se concentrer sur leur formation.
La baisse des effectifs des étudiants a également été évoquée. Les participants ont notamment relevé la nécessité de renforcer les mécanismes de motivation, particulièrement les bourses qui, selon eux, constituaient auparavant un facteur important d’attractivité pour les personnes désireuses de suivre cette formation, mais disposant de moyens limités.

La collaboration entre l’ETJ et les différentes maisons de presse a également été pointée parmi les défis. Les participants ont appelé à redynamiser ces partenariats, notamment pour faciliter l’insertion professionnelle et les stages des étudiants.
Des journalistes issus de différentes rédactions ont par ailleurs livré des témoignages sur leur parcours après leur passage à l’ETJ. Parmi eux figurent Alain Kabika de la radio Maendeleo, Loni Irenge, rédacteur en chef à la RTNK, Natasha Balegamire, chargée de communication dans des ONG, ainsi que Rachelle Rugarabura membre de l’Association de femmes des médias, et Patrick Makiro.
L’ETJ promet de prendre en compte les recommandations
À l’issue des travaux, Juvénal Mutakato, directeur des formations à l’ETJ, s’est dit satisfait de la tenue de cette rencontre. Il assure que les recommandations formulées seront prises en compte afin d’améliorer davantage le fonctionnement de l’école.
« C’est un honneur pour moi d’être à la tête du service des formations de cette école aujourd’hui. Nous sommes également anciens et nous en sommes très fiers. Nous sommes satisfaits d’avoir organisé ce cadre d’échange et nous pensons qu’il va nous permettre d’améliorer nos services, » a dit Juvénal Mutakato.
À travers cette initiative, l’École technique de journalisme entend poursuivre sa contribution à l’amélioration de la qualité de l’information, à la promotion de l’éthique professionnelle et au renforcement de la liberté d’expression dans un environnement médiatique confronté à des défis sécuritaires, économiques et technologiques.
Les échanges organisés à Bukavu auront ainsi permis de dresser un bilan de douze années d’existence de l’ETJ, tout en identifiant des pistes d’amélioration pour les prochaines promotions.
Esther Kadende


