Bukavu : Des maisons de tolérance exploitent des filles de moins de 16 ans dans la prostitution  

Dans la ville de Bukavu des maisons de tolérance exploitent des filles mineures âgées de 10 à 17 ans.  Une pratique illégale mais qui se déroule sous le regard passif des autorités. Ce que dénoncent des ONG.

Dans les quartiers populaires des trois communes que compte la ville de Bukavu se trouvent des maisons closes où des filles vendent leurs charmes. Parmi elles, se trouvent malheureusement des enfants dont la présence en ces lieux est interdite par la loi. Nelly vient à peine d’avoir 14 ans.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

« J’ai deux mois dans cette carrière mais à la maison c’est à Uvira je voulais aller chercher ma maman malheureusement j’avais oublié l’endroit cet ainsi que j’ai commencé la prostitution, le malheur qui me touche parfois c’est le manque de la nourriture à l’absence de client, pas des soins, les viols … » indique-t-elle.

Inconscientes du métier où elles sont embarquées, ces jeunes filles sont la proie facile des proxénètes qui les exploitent souvent sans contrepartie. Violences, agressions font aussi partie du lot de leur quotidien « Je traverse des moments difficiles dans ce métier qui n’a pas de salaire, je ne suis payé ni par le gérant ni le patron », explique Mapenzi, 15 ans. « C’est dur souvent je suis battu par des hommes. J’ai des cicatrices sur mon corps. C’est une vie de combat qui me demande toujours de coucher avec un client pour avoir à manger et le vêtement de mon enfant. Je ne suis pas considéré je peux vouloir rentrer à la maison car je ne gagne rien sauf la douleur ». témoigne-t-elle. Esther, 16 ans, a aussi été contraint d’abandonner les études pour plonger dans la prostitution. Ce qu’elle regrette aujourd’hui. « Je subis des viols, des agressions et des menaces et cela me fait mal, je suis fatigué de ça », s’indigne-t-elle.

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Solange Lwashiga secrétaire exécutive des cocus des femmes au Sud-Kivu et défenseure des droits humains, dénonce le silence de l’Etat face à la présence des filles mineures dans des maisons de tolérances.

« L’état congolais semble ne pas ouvrir l’œil sur cette question. Des responsables de ces maisons de tolérances prennent des filles mineures comme une main d’œuvre moins chère et abusent de leur innocence. L’Etat congolais à travers ses services de sécurité, la police, le ministère de Justice, du genre, de l’Intérieur doivent vérifier et faire la sentinelle (…) », recommande-t-elle d’un air révolté.

De l’autre côté Cosna Muhigwa, présidente du parlement d’enfant au Sud-Kivu partage le même sentiment. « A la police d’abord de comprendre qu’il faut protéger l’enfant en sanctionnant les auteurs », exhorte-t-elle.

Theodore Dunia, conseiller en charge du genre au ministère du genre, famille et enfants qualifie d’illégale et d’immorale. « C’est une déviation et nous condamnons avec la dernière énergie cette manipulation des enfants mineurs. C’est inadmissible, c’est regrettable si ça se constate encore dans la communauté, il existe une police de la protection des enfants  qui est déployé en ville ; si la police tombe sur ces enfants et ceux-là qui les utilisent répondront de leurs actes et les enfants doivent être référé à des centres de prise en charge avec comme finalité d’aller à l’école », souligne Théodore Dunia.

Selon la loi, toute relation ou exploitation sexuelle des enfants est punie. La loi punit aussi tant les personnes qui hébergent les enfants mineures aux fins de prostitution, et les clients qui consomment l’acte sexuel avec les enfants mineurs.

« Quiconque aura attenté aux mœurs en excitant, facilitant ou favorisant pour satisfaire les passions d’autrui, la débauche ou la corruption des personnes de l’un ou l’autre sexe, âgées de moins de dix-huit ans, sera puni d’une servitude pénale de trois mois à cinq ans et d’une amende », indique l’article 172 de la loi sur les violences sexuelles. «  Est réputé viol à l’aide de violences, le seul fait du rapprochement charnel de sexes commis sur les personnes âgées de moins de 18 ans (…) les auteurs pouvant encourir jusqu’à 20 ans de prison ferme », souligne l’article 174 de la même loi.

A noter que l’Etat congolais doit faire en sorte que les textes juridiques portant protection de l’enfant soient mis en application sur toute l’étendue du pays en général et, en province du Sud-Kivu en particulier, afin de barrer la route  à l’exploitation sexuelle des filles mineures et à la violence sexuelle.

Steeve Wilondja

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