Sud-Kivu: réactions controversées après le dépôt de la motion de censure contre le gouverneur Purusi à Uvira

Après le dépôt de la motion de censure contre le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, à l’Assemblée provinciale par un groupe de députés à Uvira, ce mardi 21 avril, des voix s’élèvent dans la ville. Si certains acteurs sociaux soutiennent l’initiave, d’autres s’inquiètent du moment choisi par les élus provinciaux.

Lors d’une interview accordée à notre rédaction ce mercredi 22 avril, la Nouvelle société civile Congolaise (NSCC), coordination d’Uvira salue la démarche. Son coordonnateur provincial, Mafikiri Mashimango parle d’un « acte démocratique » parmi « les voies que la Constitution accorde aux députés dans le cadre du contrôle parlementaire ».

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Tout en saluant cette initiative, le coordonnateur de la Nouvelle société civile Congolaise indique, que son organisation n’a pas encore donné sa position officielle, évoquant néanmoins « quelques problèmes majeurs » dans la gouvernance du Sud-Kivu, et qui selon lui, nécessite des « solutions urgentes ».

Cependant, son collègue du Conseil urbain de la jeunesse d’Uvira, Mustapha Amisi évoque un contexte sécuritaire non favorable, ne permettant pas à engager une démarche politique comme celle-ci.

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« Le moment n’est pas opportun pour engager une telle démarche politique, au regard du contexte sécuritaire que traverse actuellement la province, » fait remarquer Mustapha Amisi.

Il estime que dans ce contexte fragile les « priorités doivent être orientées vers le rétablissement de la paix, de la sécurité, l’assistance aux populations affectées par le conflit mais aussi la cohésion entre les institutions ».

Celui-ci reconnaît par ailleurs que les mécanismes démocratiques à l’occurrence la motion de censure sont « légitimes dans un état de droit », mais leur « opportunité doit être évaluée en tenant compte de l’intérêt supérieur de la population ».

Cet acteur social appelle ainsi les députés provinciaux à faire preuve de responsabilité et au sens élevé de patriotisme. Il invite également l’exécutif provincial à renforcer sa collaboration avec les autres institutions, à privilégier le dialogue afin de maintenir la paix sociale.

Dans la ville de Bukavu, cet exercice démocratique est aussi commenté. Le rapporteur du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, Juvénal Lushule qualifie la démarche d’une « déception ».

« C’est vraiment décevant si les députés provinciaux peuvent croire que la seule gymnastique intellectuelle qu’ils peuvent faire ce sont des motions contre les autorités provinciales, » s’est-il également exprimé, rappelant la situation sécuritaire actuelle ainsi que les conditions socio-économiques de la population qui selon lui restent précaires.

Juvénal Lushule rappelle les députés provinciaux à privilégier en premier les intérêts de la population, tout en reconnaissant qu’il existe des problèmes, mais qui doivent être traités et réglés en dialogant.

Par ces réactions, les prochains jours s’annoncent déterminants pour l’avenir de la province du Sud-Kivu.

Les députés avancent des griefs: de mauvaise gestion caractérisée notamment par une gestion jugée défaillante sur les plans administratifs et financiers. Ils évoquent également des manquements graves dans la gouvernance, ainsi qu’un déficit de transparence dans la gestion des fonds alloués à la province.

Juvénal MUTAKATO

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