Sud-Kivu : le PNKB en danger, la menace fragilise la biodiversité et l’écosystème

Le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) est en danger critique. Victime d’une pression croissante depuis le début de l’année 2024, ce site du patrimoine mondial de l’UNESCO subit une déforestation massive et une insécurité chronique qui fragilisent sa biodiversité unique. À l’occasion de la Journée du patrimoine mondial africaine, célébrée le 5 mai de chaque année, Ladislas Witanene, acteur environnemental du Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme.

Selon cet acteur engagé, la partie haute altitude du PNKB est « au bord de l’asphyxie», victime d’une pression croissante. Une série d’activités illégales et facteurs d’insécurité fragilise l’écosystème. À ceci s’ajoute, l’exploitation minière clandestine, la production massive de charbon de bois, le sciage illégal ainsi que le braconnage.

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Ladislas Witanene évoque également, l’infiltration de groupes armés, les occupations illégales et les conflits fonciers, qui selon lui, érodent progressivement l’autorité de l’État dans cette zone protégée.

Ces menaces pèsent particulièrement sur le Gorille de Grauer, une espèce, selon lui, « emblématique » en danger critique d’extinction, dont l’habitat naturel se réduit dangereusement.

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Face à ce tableau sombre, Witanene appelle à une action collective et propose une série de mesures urgentes. Il plaide notamment pour une meilleure visibilité de la crise : « le renforcement des moyens des éco-gardes, la répression des réseaux de pillage, ainsi que le développement d’alternatives économiques durables » pour les communautés locales.

Il exhorte en outre, les institutions continentales et internationales, entre autres : l’Union africaine et l’UNESCO, à considérer la sauvegarde du parc comme une priorité urgente.

Au-delà des enjeux environnementaux, les conséquences d’un effondrement du PNKB seraient dramatiques pour les populations locales. La disparition de cette forêt de haute altitude entraînerait une dégradation du climat local, l’érosion des sols, la raréfaction des sources d’eau et de la perte de revenus liés au tourisme, aggravant ainsi la pauvreté dans la région.

Tout en insistant sur la protection du PNKB, Ladislas Witanene souligne : « nous ne pouvons pas tolérer que le patrimoine de l’humanité soit sacrifié sur l’autel d’intérêt immédiats et illégaux », conclut-il.

Elvine CIZA 

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