Sud-Kivu : Des femmes moins nombreuses comme députées provinciales

Sud-Kivu : Des femmes moins nombreuses comme députées provinciales

Depuis la législature de 2006 en République démocratique du Congo jusqu’à ce jour, il s’observe une faible représentativité des femmes à l’assemblée provinciale du Sud-Kivu.

Sur 48 députés provinciaux qui composent l’assemblée provinciale du Sud Kivu, on ne compte que quatre femmes contre quarante-quatre hommes.

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A ce propos, certains observateurs pensent que cette situation est due du fait que beaucoup de personnes ne s’approprient encore pas la lutte pour la cause de la femme et jeune fille Congolaise.

Solange Lwashiga Secretaire exécutive du Caucus des femmes congolaises pour la paix regrette de voir que les femmes ont été faiblement élus depuis les élections législatives de 2006 jusqu’à celles de 2018 passées.

«Nous constatons malheureusement que les femmes ont été faiblement élues et c’est ce qui conduit à une très faible représentation des femmes dans les assemblées provinciales ainsi qu’à l’assemblée nationale. Cette faible situation est due à plusieurs paramètres parce que les électeurs et électrices n’ont pas encore compris l’importance de voter pour les femmes. Cela, à cause du patriarcat qui fait que les gens pensent que seuls les hommes peuvent diriger », explique Solange Lwashiga.

Landry Cizungu Taboba, Président fédéral du parti politique Alliance des forces démocratique du Congo, AFDC, pense que la bonne représentativité des femmes au sein de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, devait provenir des élections organisées en 2018. Fort malheureusement, il y a eu des femmes qui n’ont pas même voté pour les femmes.

«J’invite toutes les femmes à porter les choix aux autres femmes avant de s’orienter vers les hommes. Car, si les femmes se portent candidates et bénéficient du soutien d’autres femmes, cela peut dans une certaine mesure nous conduire à une représentativité massive des femmes à l’hémicycle et peut être, un début de constater combien la femme est capable que l’homme».

Certaines formations politiques poussent les femmes à la recherche des compétentes. Landry Taboba, Président fédéral de l’Alliance des forces démocratiques pour le Congo (AFDC) appelle les femmes à développer une confiance en elle-même car elles sont capables et elles peuvent concourir avec les hommes pour les mêmes postes. Pour lui, on ne peut pas aligner quelqu’un qui n’a pas manifesté l’intention d’être candidat sur la liste électorale.

«On ne peut pas aligner quelqu’un qui n’a pas manifesté l’intention et si les femmes développent cette confiance en soi, il y a lieu que les fédéraux puissent découvrir des compétences dans les femmes parce que pour choisir un candidat où une candidate, un parti politique se base sur quelques critères et il faut constater que la personne à une base, qu’elle a fait un travail sur terrain et là elle va mériter de figurer sur la liste », précise Landry Taboba.

La législation Congolaise reconnait l’égalité entre l’homme et la femme dans la gestion de la chose publique. Cependant, maitre Patrick Bigomba regrette le fait que beaucoup de partis politiques n’alignent pas souvent les femmes sur des listes électorales et pense que c’est une discrimination à l’égard de la femme.

Celui-ci fait savoir que la loi sur la parité à son article 4, première section, indique que l’homme et la femme jouissent de façons égales des tous les droits politiques. Son deuxième alinéa enrichi en disant que, la femme est représentée d’une manière équitable dans toutes les fonctions nominative et électives aux seins des institutions nationales, provinciales et locales.

Maître Patrick Bigomba avocat au barreau du Sud Kivu, appelle les autorités à mettre en pratique les lois qui sont votées et promulguées par elles même car estime-til, «C’est inconcevable que quelqu’un vote une loi qui ne sera jamais appliquée. Il est regrettable la façon dont la RDC à des belles lois mais qui souffrent de la praticabilité », regrette-t-il.

Les femmes ne baissent pas les bras.Comment certaines femmes députées ont fait pour s’en sortir dans un contexte du Sud-Kivu marqué par les préjugés à l’égard des femmes ?

L’une des élues du Sud-Kivu, Kalafula Byakusaka Blandine, partage son expérience.

«Vu que j’avais déjà quelques actions sociales visibles sur terrain à travers l’association ‘’Afya Bora kwa wote’’ dont je suis coordonnatrice ; plusieurs partis politiques sont venus me solliciter et moi j’ai juste eu à faire le choix. Pour moi, la question de l’alignement n’a pas causé des problèmes comme nous le constatons souvent pour la plupart des femmes», indique le Questeur de l’Assemblée provinciale du Sud Kivu Blandine Kalafula.

Blandine Kalafula fait savoir que Pour se faire élire il y a beaucoup des paramètres qui sont pris en compte dans un parti politique voir même sur terrain, « individuellement je fournis des efforts, je vends mon image positivement. Je faisais quelques actions sociales aux profits de la communauté, j’ai partagé avec cette communauté dans tout ce qu’elle a comme peines et joies. Je portais des plaidoyers pour cette communauté avant même d’être élue et tout cela constituait des actions qui ont touchés cette communauté et au-delà des efforts personnelles je me suis fait accompagner par plusieurs personnes entre autre mon mari qui m’a soutenue du début jusqu’à la fin de la campagne et au-dessus de tout, j’ai réussi la grâce divine car ce Dieu qui ordonne tout. J’étais élu dans la circonscription électorale de Mwenga sur le regroupement politique de l’AFDC-A et aujourd’hui j’assume le poste de Questeur au sein de l’assemblée provinciale du sud Kivu, c’est ne pas de la magie parce que, même mes collègues députés ont portés leurs choix sur moi en me donnant la chance de devenir Questeur de l’Assemblée provinciale».

Les actions de la société civile pour les femmes.
Le Caucus des femmes à travers Solange Lwashiga indique qu’ils ont déjà commencé des sensibilisations pour mobiliser les femmes à adhérer dans des partis politiques. Ceci va résoudre la question de représentation équitable des femmes dans l’Assemblée nationale ainsi que dans les assemblées provinciales.

«Nous allons jouer un grand rôle pour préparer les femmes sur comment elles vont faire pour arriver à gagner des sièges pour les élections de 2023. Nous allons également sensibiliser les responsables de partis politiques à soutenir et accompagner les candidatures des femmes qui manifestent la volonté de participer aussi aux élections ».

«Nous appelons les hommes et les femmes à voter pour les candidates femmes ceci pour faire participer massivement la femme dans la gestion de la chose publique au même titre que l’homme pour le développement de notre pays», recommande-t-elle.

Et à Blandine Kalafula de conseiller les femmes de vendre leurs images positivement sur terrain en faisant des actions sociales qui parleront à leurs places. Car elle estime que, la femme doit se faire connaitre aussi.

Natasha Balegamire, JDH

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La Rédaction JamboRDC

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