L’administration territoriale de Kalehe est provisoirement installée à Bunyakiri (Sud-Kivu), localité encore sous le contrôle du gouvernement congolais. La décision émanerait d’une instruction du ministère de l’Intérieur, dans le but de préserver l’autorité de l’État.
Selon des sources concordantes à Bunyakiri, l’administrateur de Kalehe Maître Thomas Bakenga serait arrivé dans la zone ce mardi 12 août. Il a été aperçu à Bitale, centre commercial du groupement qui porte le même nom,dans la chefferie de Buloho, le mercredi 13 août.
Dans un communiqué, il aurait informé la population de l’ouverture officielle du bureau territorial dans cette partie du territoire de Kalehe, appelant tous les services concernés à rejoindre leurs postes d’attache.
Cette décision ferait suite aux plaidoyers du député national, élu de Kalehe, Didier Kitumaini et natif de Bunyakiri, qui demandait une présence effective de l’autorité de l’État dans les zones non occupées par l’ennemi.
Dans une lettre adressée au ministère de l’Intérieur le 9 avril dernier, cet élu rappelait que depuis janvier, la rébellion de l’AFC/M23, soutenue selon lui, par le Rwanda, a pris le contrôle de la cité de Minova, puis en février, du chef-lieu du territoire de Kalehe.
Dès lors a-t-il déploré, le territoire « n’est plus administré alors qu’une grande partie reste sous contrôle des Wazalendo et des FARDC ».
« La chefferie de Buloho, avec ses huit groupements, est totalement contrôlée par les forces gouvernementales. Moins de 20% du territoire est occupé par la rébellion,» avait-il indiqué dans sa correspondance.
L’installation provisoire du bureau administratif du territoire de Kalehe à Bunyakiri vise à rapprocher les services étatiques aux populations locales mais aussi à garantir l’autorité de l’État dans cette zone sous contrôle des forces loyalistes.
Cette annonce intervient au moment où les administrateurs et leurs adjoints de 145 territoires de la République démocratique du Congo dénoncent les conditions difficiles dans lesquelles ils exercent, « souvent dans des zones parfois enclavées ou en Insécurité,».
Dans une correspondance adressée au ministère de l’intérieur, ils débutent une grève illimitée dès ce lundi 18 août.
Juvénal MUTAKATO


