Le gouvernement Congolais qualifie la nomination d’un consul à Goma par le Kenya, « d’inappropriée » et ne saurait être considérée sans l’aval des autorités congolaises, a réagi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué officiel publié après la décision du président kényan William Ruto, ce vendredi 15 août.
Dans ce communiqué, Kinshasa invite Nairobi à la retenue dans sa communication publique.
« La RDC appelle par conséquent à la prudence et au discernement dans la communication publique, afin d’éviter toute incompréhension, spéculation ou apparence de légitimation de l’occupation illégale en cours, » exhorte la diplomatie congolaise.
En référence aux règles internationales encadrant les relations consulaires, Kinshasa rappelle que : « Conformément aux dispositions de la Convention de Vienne sur les relations consulaires, [la RDC] attend d’être saisie officiellement par Nairobi à travers les canaux diplomatiques établis, et y répondra exclusivement par ces mêmes canaux, conformément aux règles de courtoisie et de respect mutuel ».
Le gouvernement congolais insiste également sur le contexte sécuritaire particulier de la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
« La ville de Goma, située dans la Province minière du Nord-Kivu, demeure sous occupation illégale du M23/AFC, avec le soutien du Rwanda, situation caractérisée par des violations graves des droits humains contre les civils, y compris les femmes et les mineurs, comme l’ont amplement documenté le récent Groupe d’experts des Nations Unies ainsi que le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme (HCDH), » rappelle Kinshasa.
Le président kényan William Ruto a nommé Mme Judy Kiaria Nkumiri au poste de consul général à Goma. L’annonce a été faite vendredi soir par le ministère kényan des Affaires étrangères, sans préciser la date d’entrée en fonction de la diplomate.
Officiellement, Nairobi justifie cette nomination par la volonté de « renforcer la présence consulaire et économique du Kenya dans la région des Grands Lacs.
Cette nomination remet en question le principe de souveraineté nationale et alimente les soupçons sur une volonté de balkanisation du pays. Cette sortie officielle marque une mise au point ferme de la RDC, qui entend défendre sa souveraineté et mettre en garde contre toute démarche susceptible d’être perçue comme une reconnaissance implicite de la présence des rebelles au Nord-Kivu.
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