« Si nous pouvons tolérer la machine à voter pour ce tour, la prochaine fois ça ne sera pas le cas », avertit Bitabyangoyi (handicap visuel)

La question de l’intégration de l’écriture braille dans le processus électoral en cours en RDC pour faciliter la participation des personnes vivant avec handicap visuel aux élections du 23 décembre prochain n’a pas, jusque-là, trouvé solution sur la table de la Ceni. A l’issue d’un entretien entre le Secrétaire exécutif provincial de la Ceni et les malvoyants du Sud-Kivu, c’est un sentiment d’insatisfaction. Ils disent aller au vote mais pour la dernière fois tout en poursuivant le processus d’intégration des machines avec écriture braille.

S’appuyant sur l’article 58 de la loi électorale qui permet aux personnes vivant avec handicaps de se faire accompagner lors du vote, le Secrétaire exécutif provincial de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Sud-Kivu renseigne que l’intégration de l’écriture braille n’est pas possible considérant l’avancement du processus électoral.

« Peut-être dans le futur on arrivera à cette écriture braille, mais pour l’instant, il faut continuer avec des démarches pour qu’on puisse avancer », a-t-il répondu.

C’est une « une désolation » du côté des malvoyants. Quoiqu’il en soit, ils sont prêts à aller aux urnes mais n’entendent pas abandonner leur lutte. A tout prix, il faut « adapter la machine au logiciel mais aussi produire des documents électoraux » en braille.

«Si nous pouvons tolérer la machine à voter pour ce tour, la prochaine fois ça ne sera  le cas. Pour l’instant nous comprenons. Notre souci en tant que personnes en situation  d’handicap visuel est d’adapter la machine au logiciel braille mais aussi produire les documents électoraux en l’écriture braille », martèle Pascasie Bitabyangoyi, non voyante et coordonnatrice de l’Association des femmes aveugles au Sud Kivu, AFASKI.

Les malvoyants, comme une frange de la population, ne font pas du tout confiance en la machine à voter ni aux personnes qui les assistent dans l’isoloir. Et pourtant, disent-ils, « le braille est utilisé ailleurs ».

«Nous ne sommes pas satisfaits de voir que la CENI n’a pas répondu à nos attentes. C’est possible qu’il y ait le logiciel braille car ils sont utilisés ailleurs. Nous avons entendu que la machine était sonore s’il a été difficile d’installer le logiciel braille, si non sonoriser tous le système pour que  nous nous sentions autonomes ? », Julbert Munganga, non voyant et membre de la Synergie des associations des aveugles pour le développement intégral, SAADI.

Ishara Masirika

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