Les arrestations arbitraires visant des défenseurs des droits humains, des journalistes et certains officiers militaires originaires de l’Est de la République démocratique du Congo figurent parmi les violations des droits humains dénoncées par l’ancien président Joseph Kabila. Dans son allocution à la nation, vendredi 9 octobre 2026, il a également vivement critiqué la gouvernance de Félix Tshisekedi, qu’il accuse d’avoir aggravé la crise politique, sécuritaire et économique du pays.
Dans son intervention, Joseph Kabila dresse un tableau sombre de la situation nationale. Il estime que la RDC « n’est plus une République, encore moins démocratique ». L’ancien chef de l’État dénonce notamment ce qu’il qualifie d’« institutionnalisation du tribalisme et du népotisme », l’aggravation de la pauvreté et l’enrichissement d’une partie de la classe dirigeante.
Il déplore également que ses propositions formulées en 2025 aient été ignorées par les autorités. Selon lui, la situation du pays n’a cessé de se détériorer depuis lors.
Sans citer directement Félix Tshisekedi, Joseph Kabila critique la concentration du pouvoir entre les mains du chef de l’État, qu’il accuse de considérer le pays comme une « propriété privée ». Il dénonce une gouvernance qui, selon lui, ne produit pas de résultats tangibles malgré les années écoulées.
Sur le plan sécuritaire, l’ancien président met en cause la conduite des opérations militaires dans l’Est du pays. Il reproche aux autorités leurs revers sur le terrain et la poursuite de la guerre sans, selon lui, disposer de la volonté ni des moyens nécessaires pour la gagner. Il accuse également le pouvoir de maintenir sa collaboration avec des groupes armés, notamment les Wazalendo et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Joseph Kabila critique par ailleurs le refus qu’il prête aux autorités d’engager un dialogue véritablement inclusif pour sortir de la crise. Il évoque notamment les initiatives portées par les Catholiques et protestantes congolaises, qu’il présente comme une piste pour rechercher une solution à la situation du pays.
L’ancien président s’inquiète également des accords conclus autour des minerais critiques, notamment celui signé avec les États-Unis. Il estime que les conditions dans lesquelles ces ressources sont engagées risquent de compromettre l’indépendance nationale et l’avenir des générations futures. Il rappelle que les engagements internationaux de la RDC relèvent de la continuité de l’État et ne sont pas liés à la durée au pouvoir des dirigeants qui les concluent.
En conclusion, Joseph Kabila affirme que le « Congo est en péril » et appelle les Congolais à prendre leur destin en main. Il annonce qu’il partagera prochainement sa vision des actions à entreprendre pour, selon ses termes, sauver la République démocratique du Congo.
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