RDC: l’opposition menace d’activer l’article 64 de la Constitution face aux contradictions flagrantes du président Félix Tshisekedi

Le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a évoqué, mercredi 6 mai, la possibilité d’un troisième mandat ainsi que d’un report de l’élection présidentielle de 2028, en cas de poursuite du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ces déclarations ont suscité directement de vives réactions au sein de l’opposition.

À l’instar de Claudel André Lubaya, d’autres acteurs politiques comme Augustin Bisimwa et Delly Sesanga dénoncent une violation programmée de la Constitution et un risque pour la stabilité démocratique du pays.

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Les contradictions flagrantes de Félix Tshisekedi 

Selon Augustin Bisimwa, secrétaire général du MDVC, les contradictions flagrantes de Félix Tshisekedi sur les questions d’État inquiètent dangereusement les esprits éclairés et posent les bases d’une interrogation légitime sur l’avenir de la RDC.

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S’agissant de la préoccupation sur la non-tenue des élections sans le Nord et Sud-Kivu, Augustin Bisimwa rappelle le président de la République que le changement de la Constitution par référendum ne peut aussi se faire sans les deux provinces.

« Que Félix Tshisekedi note une bonne fois pour toute que si la tenue des élections sans les deux provinces est dangereuse, la tenue d’un référendum constitutionnel sans les deux provinces est plus dangereuse pour notre pays en ce qu’il l’expose de façon ostentatoire à la balkanisation,» a-t-il réagi dans une publication.

Cet opposant insiste : « De toutes les façons en 2028, son deuxième et dernier mandat prend fin, et tout son maintien au pouvoir sera en violation de la présente Constitution. Ce qui nous obligera à faire recours à l’article 64 de la Constitution en vigueur. Comme il aime les confrontations il en aura, » martèle Augustin Bisimwa.

Les masques sont tombés 

Pour le député et opposant Delly Sesanga,les déclarations du chef de l’État marquent un tournant : « Les masques sont tombés,» a-t-il rétorqué, accusant le président de vouloir désormais « manœuvrer à découvert » en vue d’un troisième mandat par plébiscité.

Il estime que la RDC ne peut se permettre un nouveau cycle de tensions institutionnelles et appelle les forces démocratiques à s’opposer à toute tentative de prolongation du pouvoir en dehors du cadre constitutionnel.

Dans la même dynamique, l’opposant Claudel André Lubaya avait déjà fermement rejeté toute justification d’un troisième mandat au nom de la volonté populaire.

« Ni mission, ni troisième mandat,» a-t-il déclaré, rappelant que la Constitution encadre strictement sa révision, notamment à travers l’article 218, et impose le respect de l’ordre constitutionnel via l’article 64.

Cet opposant souligne également que certaines dispositions, protégées par l’article 220, sont intangibles et ne peuvent être modifiées sous aucun prétexte.

Alors que le pouvoir met en avant la souveraineté populaire, l’opposition met en garde contre toute dérive susceptible de fragiliser les acquis démocratiques et les institutions.

Ces réactions et prises de position interviennent dans un contexte politique déjà marqué par des tensions autour de la gouvernance et de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Juvénal MUTAKATO

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