À moins de deux semaines de la rentrée scolaire 2026-2027 en République démocratique du Congo, plusieurs commerçants de Bukavu(Sud-Kivu) spécialisés dans la vente des fournitures scolaires tirent la sonnette d’alarme. Contrairement aux années précédentes, les marchés de la ville enregistrent une faible affluence de clients, une situation qui suscite des inquiétudes tant chez les vendeurs que chez les acteurs sociaux.
Dans plusieurs marchés de la ville, les étalages sont pourtant bien garnis en cahiers, uniformes, sacs et autres fournitures scolaires. Cependant, les commerçants affirment que les parents tardent à effectuer les achats nécessaires pour préparer la rentrée de leurs enfants.
Selon eux, cette période était habituellement marquée par une forte animation commerciale, ce qui n’est pas le cas cette année.
Les vendeurs attribuent cette baisse de fréquentation aux difficultés économiques auxquelles font face de nombreuses familles du Sud-Kivu. Ils estiment que l’insécurité persistante et les conséquences de la guerre ont considérablement réduit le pouvoir d’achat des ménages, impactant directement leurs activités commerciales.
« Nous avons investi dans les fournitures scolaires en espérant une forte demande, mais les clients ne viennent presque pas. La situation économique est très difficile,» confie un commerçant rencontré dans un marché de Bukavu.
De leur côté, les acteurs de la société civile appellent à une meilleure anticipation des dépenses liées à l’éducation.
Pour l’activiste Jean-Maurreau Tubibu, la préparation de la rentrée scolaire devrait débuter dès la clôture de l’année scolaire précédente afin d’éviter les difficultés de dernière minute.
Toutefois, il reconnaît que le contexte socio-économique actuel ne permet pas à plusieurs familles de planifier efficacement les dépenses scolaires.
Il se dit particulièrement préoccupé par le sort des enfants déplacés par les conflits armés, dont l’accès à l’éducation reste menacé. Selon lui, ces enfants semblent souvent oubliés dans les mécanismes de prise en charge alors que leur droit à l’éducation est garanti par les textes nationaux et internationaux.
Face à cette situation, Jean-Maurreau Tubibu appelle les autorités publiques, les organisations humanitaires ainsi que les partenaires du secteur éducatif à renforcer leur soutien aux familles vulnérables afin de garantir une rentrée scolaire inclusive et accessible à tous les enfants, particulièrement ceux touchés par les déplacements forcés et la précarité.
Merci Byamungu


