« Pourquoi le silence du gouvernement face aux rebellions actives en RDC ? », s’interroge Dr Dénis Mukwege

« Pourquoi le silence du gouvernement face aux rebellions actives en RDC ? », s’interroge Dr Dénis Mukwege

Le médecin directeur de l’hôpital de Panzi, Dr Dénis Mukwege, s’est dit inquiet de la multiplication des foyers des tensions et d’insécurité dans plusieurs coins de la RDCongo et en a déploré le silence des autorités du pays. C’était au cours d’un point de presse qu’il a animé ce mardi 4 juillet à Bukavu.

Pour Dr Mukwege, le tableau est sombre dans les provinces du Kivu, aux Kasaï et dans l’ex-Katanga. Il regrette le fait que les rebellions poussent de partout alors que le pays est dans l’impasse totale suite aux violences meurtrières qui secouent les Kasaï. Il croit que les évasions massives actuelles des prisonniers servent pour alimenter ces groupes armés.

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«La résurgence des violences et des poches des groupes armés dans le Kivu qui se mettent en place alors que nous sommes dans l’impasse totale des violences aux Kasaï. Les rébellions poussent partout comme des champignons, les portes des prisons sont ouvertes occasionnant des évasions massives pour malheureusement alimenter ces mouvements inciviques », a-t-il déploré.

Fustigeant le silence du gouvernement et des députés à tous les niveaux, Dr Mukwege pose autant de questions sur l’objectif de ces mouvements armés ou, du moins, sur ceux qui en  tirent profit.

« Le minimum serait de savoir qui seraient derrière ces rébellions ? à qui profitent ces crimes ? Nous avons vraiment besoin de comprendre pourquoi ces mouvements armés, quel est l’intérêt et quel est leur objectif ? Nous avons suivi ce qui s’est passé à Lubarika, qui sont ces jeunes burundais cantonnés dans le haut plateau d’Uvira et qui ont récemment été arrêtés dans la plaine ? Pourquoi sont-ils dans le plateau ? Que font-ils là ? De qui tiennent-ils leur mandat ? Pourquoi les députés de ce coin ne disent rien ? Pourquoi le gouvernement reste dans un silence qui ne dit pas son nom ? Le HCR en sait-il quelque chose ? », S’est-il interrogé.

Le médecin directeur de l’HGR Panzi pense que cette situation n’est pas un fait de hasard et qu’il y aurait des figures influentes du pouvoir ou qui cherchent à accéder au pouvoir via ces crimes.

«Que ça soit à Beni, dans le haut plateau d’Uvira à Fizi, au triangle de la mort au Katanga ou dans les Kasaï, vous allez vous rendre compte qu’il y a toujours des personnes influentes du pouvoir ou très proches du pouvoir qui sont originaires de ces endroits. Tous ces massacres sont-ils des rites pour accéder au pouvoir ou des faits de hasard ?», a-t-il souligné.

Selon lui, ces rebellions auraient pour objectif d’empêcher indéfiniment l’organisation des élections cette année conformément à l’accord de la Saint Sylvestre.

« N’avons-nous pas appris que nous ne pouvons pas aller aux élections dans le contexte des conflits aux Kasaï ou sans les Kasaïens ? Cela semble très juste. Un bel argument d’ailleurs pour reporter les élections indéfiniment. Mais nous avons besoin des élections apaisées. Avons-nous vraiment besoin de cette politique de terre brûlée ? Et si le Kivu s’embrase encore, n’est-ce pas là un autre argument pour renvoyer les élections au calendes grecques à cause de l’insurrection armée complexe ?», a-t-il regretté.

Dr Mukwege appelle les jeunes à la résistance pacifique contre la “dictature” et adhérer aux actions de la société civile.

Destin Balungu

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