Les activités frontières entre la République démocratique du Congo et le Burundi ont repris depuis ce lundi 23 février à la frontière de Kavimvira, située dans la ville d’Uvira (Sud-Kivu). Si aucune cérémonie officielle n’a été organisée à cette occasion, sur place, les congolais qui étaient au Burundi ont afflué en grand nombre pour regagner leurs domiciles à Uvira et dans d’autres zones sous contrôle de l’armée congolaise.
La décision, annoncée par le gouverneur du Sud-Kivu Jean-Jacques Purusi, fait suite à des évaluations sécuritaires, diplomatiques et migratoires menées avec Gitega. Le poste frontalier est désormais ouvert de 5 heures à 17 heures, selon des sources concordantes.
Les autorités affirment que la menace a été « significativement réduite », malgré les inquiétudes liées à l’AFC/M23. Dès le premier jour, plus de 10 000 personnes auraient franchi la frontière. Une réouverture aux enjeux majeurs pour Uvira et l’ensemble de la région.
Premier enjeu, l’économie régionale.
La réouverture de la frontière entre la RDC et le Burundi relance un axe vital pour les échanges transfrontaliers, longtemps paralysé malgré le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira le 18 janvier 2026. Selon le gouverneur du Sud-Kivu, les frontières terrestre et lacustre avec le Burundi représentent près de 50 % de l’économie provinciale.
Elles constituent un corridor stratégique pour les marchandises en provenance des ports de l’océan Indien, notamment Dar es Salaam et Mombasa, qui transitent par le Burundi avant d’alimenter le Grand Kivu.
À Uvira, la réouverture est vécue comme un soulagement. Sur place, commerçants et professionnels, fortement dépendants de cet axe, reprennent progressivement leurs activités. Robert Mayani, entrepreneur exportant de la bière vers le Burundi, peut enfin reprendre ses activités.
« Tout ce temps que cette frontière était fermée, c’est comme si nous étions isolés du reste du monde, » résume-t-il à RFI
Enjeu humanitaire
Autre priorité : l’urgence humanitaire. La zone compte environ 400 000 déplacés, et plus d’un million de personnes dans la plaine de la Ruzizi. La réouverture doit permettre de fluidifier l’acheminement de l’aide humanitaire. Le gouverneur annonce l’arrivée prochaine de 4 000 tonnes de vivres du Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi qu’un renforcement des opérations de la Croix-Rouge.
Pour les déplacés ayant fui les combats, elle représente aussi une possibilité de reprendre une activité et de retrouver une vie professionnelle. Parmi eux, le docteur Guilain Bilal, revenu à Uvira après plusieurs semaines passées à Bujumbura.
Mes patients souffraient de mon absence et quand certains ont appris que j’étais de retour, ils étaient très contents (…) J’ai même opéré quelqu’un aujourd’hui, j’ai fait une césarienne. Aujourd’hui, un petit garçon est né. « C’est une bénédiction », comme les chrétiens veulent le dire ! s’est-il exprimé à RFI.
Une cérémonie officielle de réouverture est prévue ce mardi, en présence de représentants congolais et burundais. Côté Kinshasa, la participation du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani est annoncée.
Pour rappel, cette frontière était fermée depuis début décembre 2025, à la suite de l’avancée de l’AFC/M23 vers la ville d’Uvira, avant leur retrait précipité le 16 janvier 2026, soit un mois après.
Rédaction


