Quinze journalistes de Goma (Nord-Kivu) ont pris l’engagement de contribuer à la lutte contre les discours de haine et la désinformation dans leurs différents médias. Cet engagement a été pris mardi 22 septembre 2026, à l’issue d’un atelier organisé par l’organisation Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains (JPDDH).
Pendant cette rencontre, les participants ont été sensibilisés aux risques liés à la diffusion des discours de haine, des rumeurs et des informations non vérifiées, particulièrement dans un contexte marqué par la persistance du conflit armé dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À l’issue de la formation, les 15 journalistes représentant différents médias de Goma ont signé un acte d’engagement. Ils promettent notamment de ne pas contribuer à la propagation des contenus susceptibles d’attiser les tensions ou d’inciter à la violence, mais aussi de privilégier la vérification des faits avant toute diffusion.
Pour JPDDH, l’initiative vise également à créer un cadre de concertation entre professionnels des médias et à renforcer la diffusion d’informations fiables au sein de la communauté.
« Nous avons eu une représentation des médias de la ville de Goma et, à la fin, ils ont signé un code des journalistes. Ils se sont engagés à lutter contre toute forme de diffusion de discours de haine dans leurs médias respectifs et à partager les acquis de cet atelier dans leurs rédactions, » a expliqué Munkwa Gabriella Bashegezi, coordinatrice de JPDDH.
La question de la vigilance dans les émissions en direct a également été abordée. Les journalistes ont été appelés à renforcer la vérification des informations avant leur diffusion, notamment lorsque les contenus proviennent des réseaux sociaux ou de sources non identifiées.
Selon Gisèle Bagheni, facilitatrice de la session, les journalistes ont une responsabilité particulière en raison de leur capacité à toucher différentes catégories de la population.
« Nous voulons que les journalistes prennent conscience de la dangerosité des discours de haine afin qu’ils s’impliquent dans leur lutte et utilisent leur influence pour les arrêter, » a-t-elle déclaré.
JPDDH recommande également aux responsables des médias d’impliquer les collaborateurs externes, notamment les pasteurs et les animateurs d’émissions, dans cette démarche, afin qu’ils soient sensibilisés aux principes journalistiques et à leur responsabilité dans la promotion de la cohésion sociale.
Cette activité s’inscrit dans la continuité d’une initiative similaire menée à Bukavu le 21 avril 2026. JPDDH annonce son intention d’étendre cette démarche à d’autres provinces de la RDC, avec pour objectif de renforcer la responsabilité des médias face aux discours de haine et à la désinformation en période de conflit.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet : « Appui à la protection des journalistes, lutte contre la désinformation et les discours de haine au Nord et Sud-Kivu», sous le financement de NED.
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