Quelques heures seulement après la mort par incendie de l’activiste pro démocratie Luc Nkulula, des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger une enquête sérieuse visant à éclaircir les circonstances de cette mort aux contours très flous. Parmi elles, le Comité Laïc de Coordination, CLC.
« Le CLC, dans son souci de l’égalité de tous devant la justice, exige l’ouverture immédiate d’une enquête réellement indépendante pour déterminer les circonstances de sa mort et traduire les coupables en justice », lit-on dans un communiqué publié ce dimanche 10 juin 2018, portant la signature de son porte-parole et chargé de communication Jonas Tshiombela.
Dans ce document, le CLC invite la population congolaise et les personnes de bonne volonté à lui rendre un hommage digne et pacifique, à la hauteur de la noblesse de son combat pour la justice et le respect des libertés publiques.
« La seule manière de le faire, c’est de continuer ce combat dans la non violence pour accélérer l’avènement de l’Etat de droit dans notre pays », écrit le CLC.
Luc Nkulula, 33 ans révolus, jeune militant et activiste pro démocratie de la « Lutte pour le Changement », Lucha, est mort dans la nuit de samedi 09 à dimanche 10 juin 2018 à Goma dans l’incendie de sa maison.
Eugide Abalawi Ndabelnze



Être activiste des droits de l’homme en République démocratique du Congo est un véritable calvaire quotidien. Les défenseurs des droits humains sont exposés à de multiples arrestations, menaces, violences et assassinats.
Pourquoi s’en prendre particulièrement aux activistes des droits de l’homme ?
Huit ans après l’assassinat de Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, c’est au tour de Luc Nkulula de perdre la vie dans des circonstances tragiques, après l’incendie de son domicile à Goma.
Plusieurs autres défenseurs des droits humains vivent aujourd’hui dans la clandestinité ou sont contraints de fuir pour assurer leur sécurité. C’est notamment le cas de Jean Paul Vangu, activiste de la ville de Matadi et membre de l’AIDDH, porté disparu depuis un certain temps. Jusqu’à présent, aucune information fiable ne permet de confirmer ce qui lui est arrivé ni de connaître son sort.
Face à ces événements, une question demeure : combien faudra-t-il encore de victimes avant que la sécurité des défenseurs des droits humains soit réellement prise au sérieux ?
Défendre les droits humains ne devrait jamais être un crime. Ceux qui consacrent leur vie à défendre la dignité, la liberté et les droits des autres doivent pouvoir exercer leur travail sans être menacés, arrêtés, persécutés ou tués.
La protection des défenseurs des droits humains doit être une priorité.