La riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo entre dans une phase décisive. En visite à Kinshasa ce mercredi 5 août, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a rencontré le président afin d’évaluer la situation sanitaire et de renforcer la coordination de la réponse face à une flambée qui continue de s’étendre.
Il s’agit de la deuxième visite du chef de l’OMS en RDC depuis la déclaration officielle de l’épidémie, le 15 mai dernier. Près de trois mois après le début de cette flambée, les autorités congolaises recensent 3 874 cas, dont 1 751 décès, un bilan qui témoigne de la gravité de la situation.
Dans un message publié sur le réseau social X, Tedros Adhanom Ghebreyesus a alerté sur l’évolution de l’épidémie, indiquant que le nombre de nouveaux cas a doublé au cours de la seule semaine écoulée dans certains foyers. Il a appelé à une intensification urgente des efforts de riposte, estimant que tous les partenaires doivent renforcer leur engagement pour contenir la propagation du virus.
À Kinshasa, le responsable de l’OMS était accompagné du directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya. Ce dernier a également exprimé ses préoccupations face à la trajectoire de l’épidémie, évoquant notamment des insuffisances dans le suivi des cas contacts, un maillon essentiel de la stratégie de lutte contre Ebola.
D’après la présidence congolaise, au cours de la journée, le président Félix Tshisekedi a présidé à la Cité de l’Union africaine une réunion de haut niveau consacrée au renforcement de la riposte. La Première ministre , plusieurs membres du gouvernement impliqués dans la réponse sanitaire, ainsi que les dirigeants de l’OMS et d’Africa CDC y ont pris part.
Les échanges ont mis l’accent sur la nécessité d’une mobilisation communautaire plus inclusive afin de freiner la transmission du virus. Les partenaires sanitaires ont insisté sur l’implication des leaders religieux, des chefs coutumiers, des organisations de jeunes et des communautés locales dans les actions de sensibilisation.
Ils ont également recommandé de renforcer la surveillance épidémiologique et la protection du personnel de santé afin d’améliorer la détection précoce des cas et d’éviter que des malades ne décèdent à domicile sans avoir été pris en charge.
À l’issue de cette réunion, l’OMS et Africa CDC ont salué les efforts déjà déployés par les autorités congolaises tout en réaffirmant leur engagement à poursuivre leur appui technique et opérationnel. Les deux institutions estiment qu’une réponse coordonnée et soutenue reste indispensable pour maîtriser cette épidémie provoquée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible.
La flambée actuelle est considérée comme la deuxième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée, après celle qui a touché l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Sa vitesse de propagation demeure une source de préoccupation pour les autorités sanitaires nationales et leurs partenaires internationaux, qui appellent à une mobilisation accrue pour limiter son impact.
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