La participation des femmes au processus de paix en République démocratique du Congo a été au cœur de l’émission-table ronde « Inatuhusu », diffusée samedi dernier sur les ondes de JamboFM. Animée en Kiswahili, l’émission a réuni Solange Lwashiga, Ludmilla, Claudine Kitumaini et Mlle Witanene, autour d’un même objectif : réfléchir à la place des femmes dans la recherche de la paix et à leur participation aux différents processus de négociation.
Au cours des échanges, les intervenantes ont relevé le paradoxe qui persiste dans l’Est de la RDC : les femmes figurent parmi les principales victimes des conflits, mais restent peu représentées autour des tables où se discutent les solutions à ces conflits.
Violences sexuelles, déplacements forcés, perte des moyens de subsistance et responsabilité de prendre en charge les enfants en période de guerre font partie des réalités évoquées durant l’émission.
« On les a enfermées dans le mot victime », a relevé Claudine Kitumaini, soulignant que les femmes sont souvent sollicitées pour témoigner des violences subies, mais moins pour contribuer à la recherche des solutions.
Les échanges se sont également appuyés sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2000, qui reconnaît notamment l’importance de la participation des femmes dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que dans la consolidation de la paix.
Solange Lwashiga a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la présence des femmes du Sud-Kivu dans les processus de paix, rappelant que leur expérience et leurs propositions doivent être prises en compte dans les discussions sur l’avenir de la province et du pays.
De leur côté, les auditrices intervenues au téléphone ont donné leur propre définition de la paix. Pour certaines, elle signifie notamment pouvoir aller au champ sans craindre les violences, dormir sans entendre les tirs et envoyer leurs filles à l’école en toute sécurité.
Parmi les recommandations formulées figure la mise en place d’une concertation entre les femmes du Sud-Kivu afin qu’elles puissent se choisir elles-mêmes des représentantes devant participer aux dialogues sur la paix, notamment à Kinshasa.
Les participantes ont également appelé les différentes parties prenantes aux processus de paix à laisser un espace réel aux femmes pour défendre leurs causes, présenter leurs propositions et participer aux décisions, plutôt que de les limiter au rôle de témoins des conséquences de la guerre.
L’émission s’est ainsi achevée autour d’un message : la question ne devrait plus seulement être de savoir ce qui peut être fait pour les femmes, mais également ce qui peut être fait avec elles dans la recherche de la paix.
Esther Kadende


