Les fretins communément appelés « sambaza» à Bukavu, petit poisson emblématique du lac Kivu et source essentielle d’alimentation pour des milliers de familles en République démocratique du Congo et au Rwanda, se raréfient de manière inquiétante. En cause : la recrudescence de la pêche illicite, qui compromet la survie de cette espèce et l’équilibre de tout l’écosystème lacustre.
Au quotidien, les pêcheurs constatent une baisse significative de leurs prises. Sur les rives du lac, les pirogues reviennent de plus en plus souvent à moitié vides, signe d’un appauvrissement progressif des ressources halieutiques.
« Avant, nous revenions avec des paniers pleins. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas,» confie un pêcheur à Bukavu.
Selon les acteurs du secteur, cette situation est principalement liée à l’utilisation de filets prohibés à mailles très fines. Ces équipements capturent non seulement les poissons adultes, mais aussi les alevins, empêchant ainsi le renouvellement naturel du sambaza. Une pratique jugée destructrice à long terme.
Le lac Kivu, qui s’étend sur environ 2 370 km² et est partagé entre la RDC et le Rwanda, constitue pourtant une ressource vitale pour les populations riveraines. Il assure à la fois la sécurité alimentaire et les revenus de nombreuses communautés vivant de la pêche et du commerce de cette espèce.
Face à cette situation, Fredy Camunane Lulihoshi, coordonnateur de la corporation des pêcheurs du lac Kivu, tire la sonnette d’alarme aux côtés de cette baisse drastique des captures par rapport aux années antérieures et appelle à un renforcement urgent des mesures de contrôle.
Malgré les dispositifs déjà mis en place par les autorités, les professionnels estiment que leur application reste insuffisante sur le terrain. Ils plaident notamment pour une surveillance accrue et le respect strict des normes de pêche, en particulier la protection des fretins, indispensable à la régénération des stocks.
Autrefois considéré comme un véritable « or blanc », le sambaza risque aujourd’hui de perdre son rôle central dans l’économie locale. Sans actions concrètes et coordonnées entre les pays riverains, le lac Kivu pourrait voir disparaître l’une de ses ressources les plus précieuses, avec des conséquences directes sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations.
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