Le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege s’est opposé fermement dans une déclaration publiée dimanche 17 mai, à toute initiative de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Le gynécologue congolais estime qu’un éventuel changement de la Constitution visant à permettre un troisième mandat présidentiel constituerait une « menace pour les principes démocratiques » du pays.
Dans ce document consulté par notre rédaction, Denis Mukwege rappelle que le second et dernier mandat du président Félix Tshisekedi prendra fin le 20 janvier 2029, conformément à la Constitution actuelle. Il accuse certains acteurs politiques de vouloir modifier les règles du jeu démocratique malgré le contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est du pays.
« Les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en RDC, », alerte-t-il.
Cet opposant congolais critique également les spéculations autour d’un possible report des élections prévues en 2028 pour des raisons sécuritaires. Selon lui, si l’insécurité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu empêche l’organisation des élections, elle devrait également empêcher toute organisation d’un référendum constitutionnel.
Le docteur Mukwege dénonce ce qu’il qualifie de dérive autoritaire et met en garde contre une personnalisation du pouvoir. Il accuse certains responsables politiques de chercher à s’accrocher au pouvoir au détriment de l’alternance démocratique.
Le médecin directeur de l’hôpital de Panzi revient aussi sur la question des ressources minières congolaises. Il reproche aux autorités de « brader les minerais stratégiques » du pays aux puissances étrangères sans garantir la sécurité des populations.
Tout en appelant à un sursaut citoyen, Denis Mukwege exhorte les Congolais à défendre la Constitution et à se concentrer sur les véritables priorités nationales, notamment la restauration de la paix dans l’Est de la RDC.
« Les Congolaises et les Congolais doivent rejeter toute tentative de dérive autoritaire, » indique-t-il.
Le docteur Denis Mukwege invite enfin les forces vives de la nation à préserver l’unité du pays autour du mot d’ordre.
Juvénal MUTAKATO


