Les doyennes et doyens de la société civile du Sud-Kivu, en liaison avec le Bureau de la coordination présentent dans un document les problèmes urgents auxquels le Sud-Kivu fait face; en particulier la ville de Bukavu. Ces derniers sont contenus dans une lettre adressée à Emmanuel Birato gouverneur de province nommé par la coalition Alliance fleuve Congo-M23 (AFC/M23).
Selon l’esprit de document exploité par notre rédaction ce mardi 11 mars, l’insécurité, la criminalité, des fusillades, les assassinats, les bastonnages, les enlèvements, les tortures, les viols, le vol, les extorsions des biens, les incriminations de complicité avec l’ennemi, le cas de justice populaire, etc… nécessitent une intervention urgente pour le bien être de la population.
«(…), en qualité de gouverneur de la province du Sud-Kivu ; c’est dans ce cadre par delà nos sensibilités, que nous faisons constat de votre prise responsabilité. En cohérence avec l’appel au dialogue du sommet EAC-SADC de Dar-es-Salaam du 8 février et du Pacte social pour la paix de la CENCO-ECC. Motivés par la sauvegarde de la paix, sécurité et le bien être de notre population, nous doyennes et doyens de la société civile du Sud-Kivu en collaboration avec notre Bureau de coordination, venons vous présenter les problèmes qui nécessitent votre intervention urgente,» écrit ces acteurs sociaux.
Violations des droits humains
Préoccupés par la situation sécuritaire actuelle dans la ville de Bukavu et ses environs, ces membres de la société civile s’inquiètent au plus haut point du regain de l’insécurité et criminalité qui se traduit selon eux, par :
« Des attaques et vols à mains armés, des assassinats des paisibles citoyens, des actes de justice populaire avec mort d’hommes, des menaces directs à l’encontre des animateurs de la société civile, des défenseurs des droits humains, des journalistes et militants des mouvements citoyens ainsi que de cas de viols».
Par ricochet poursuivent-ils, le renforcement de la sécurité des personnes et de leurs biens, la sécurité des institutions publiques, des opérations économiques et d’autres acteurs sociaux est une nécessité primordial.
Appel à la paix
En écho à l’appel à la paix du 23 février dernier de S.E. Mgr Sébastien Joseph Muyengo, évêque du diocèse d’Uvira, « des mesures similaires devraient être prises dans la partie sud de notre province sous contrôle du gouvernement de jure, » «En effet étant tous deux services de la même population sa sécurité et son bien être devraient transcender les clivages et les rivalités».
Et d’ajouter :
« Amplifiant le message du Révérend Pasteur Bujiriri de l’église Philadelphia du dimanche 2 mars, nous vous appelons à interdire le recours aux traitements cruels, inhumains et dégradants notamment : les fusillades, les assassinats, les bastonnages, les enlèvements, les tortures, les violations des domiciles, les extorsions des biens, les incriminations de complicité avec l’ennemi et le cas de justice sommaire exercé par les hommes en armes à l’encontre des citoyens, ».
Affectation du tissu économique
La guerre a facilité des actes de pillage et de vandalisme qui ont détruit une partie substantielle du tissu économique de la ville de Bukavu et ses environs. Cela se rajoute et rappelle ce que les gens ont déjà vécu par le passé et qu’ils commençaient à oublier, disent-ils.
« Il est donc important d’arrêter ce genre de pratique pour permettre à cette population de vivre dignement car victime de tous les régimes qui se sont succédés,» insistent ces acteurs de la société civile.
De l’enrôlement forcé dans l’armée
Les doyennes et doyens de la société civile en collaboration avec le Bureau de coordination affirment être informés d’un prétendu enrôlement forcé dans l’armée.
« Nous sommes préoccupés par des informations faisant état des cas d’enrôlement forcé dans l’armée, y compris des mineurs. Si ces allégations se confirmaient, elles sont contraires aux prescrits des lois de la République démocratique du Congo et du droit international,» rappellent-ils.
Ces acteurs sociaux appellent enfin au renforcement de la sécurité pour tous, particulièrement celle des enfants dans les écoles et des étudiants dans les universités.
Juvénal MUTAKATO


