La circulation et l’utilisation illégale des armes, la présence d’individus armés, les tensions communautaires, le chômage des jeunes ainsi que la consommation et le trafic de substances illicites figurent parmi les facteurs qui alimenteraient ces dernières semaines, l’insécurité à Uvira, (Sud-Kivu). Le Conseil urbain de la jeunesse, qui alerte sur la persistance des actes de violence dans plusieurs quartiers de la ville, appelle les autorités à renforcer les mesures de sécurisation et de protection de la population.
Dans une déclaration faite ce lundi 4 octobre, le président du conseil urbain de la jeunesse d’Uvira, Mustapha Amisi, affirme suivre avec préoccupation la situation sécuritaire dans plusieurs quartiers de la ville.
Au-delà de ces facteurs, cette structure évoque également l’insuffisance de l’éclairage public dans certains endroits, la faible sécurisation de certaines avenues et zones considérées comme sensibles, ainsi que les actes de vengeance et le recours à la justice populaire.
La diffusion de fausses informations et de rumeurs sur les réseaux sociaux est également pointée du doigt comme un élément susceptible d’alimenter la peur et la panique au sein de la population.
Tout en appelant à ne pas préjuger des responsabilités, qui doivent être établies par les enquêtes des autorités compétentes, le Conseil urbain de la jeunesse condamne les actes criminels et les violences commis contre la population, quels qu’en soient les auteurs ou les motifs.
Il appelle ainsi les autorités urbaines et communales, ainsi que les services de sécurité et de défense, à renforcer la protection des personnes et de leurs biens, particulièrement dans les zones jugées vulnérables.
Parmi les mesures proposées figurent le renforcement des patrouilles et de la présence sécuritaire dans les quartiers et avenues à risque, l’identification et le démantèlement, dans le respect de la loi, des réseaux impliqués dans l’insécurité ainsi que l’amélioration de l’éclairage public.
Le Conseil urbain de la jeunesse recommande également une meilleure collaboration entre les autorités, les services de sécurité et les structures de jeunes. Il plaide pour la promotion du dialogue communautaire et de la cohésion sociale afin de prévenir les tensions et les conflits.
La structure insiste en outre sur la nécessité de protéger les jeunes contre la criminalité, la manipulation et le recrutement dans les réseaux violents. Elle demande l’ouverture d’enquêtes sérieuses et transparentes après chaque incident sécuritaire afin que les responsabilités soient établies conformément à la loi.
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par de nouveaux cas de violence dans la ville.
Une femme du troisième âge, connue sous le nom de Mama Bienvenue, aurait été tuée par balle par des individus non identifiés dans la nuit du 3 au 4 octobre 2026, sur l’avenue Yohane, à Mulongwe, dans la commune portant le même nom.
Selon le mouvement citoyen Machozi ya Raiya, cet assassinat intervient deux jours seulement après la mort par balle d’une autre personne à Uvira. Cette organisation appelle les autorités à renforcer d’urgence la sécurité, à ouvrir des enquêtes et à prendre des mesures pour mieux protéger les habitants.
Le Conseil urbain de la jeunesse invite par ailleurs les jeunes et les conseils locaux de la jeunesse à signaler tout comportement suspect aux autorités compétentes, tout en évitant de diffuser des informations non vérifiées susceptibles de créer la panique.
Il encourage les jeunes à rejeter toute forme de violence, de vengeance, de manipulation et de justice populaire, estimant que la jeunesse doit contribuer à la cohésion sociale, à la vigilance citoyenne et à la construction de la ville d’Uvira.
La structure réaffirme enfin sa disponibilité à collaborer avec les autorités et les différents acteurs communautaires pour contribuer à la prévention de l’insécurité, à la consolidation de la paix et à la protection de la population.
INJILI Balike (stagiaire, étudiant à l’ETJ)


