L’organisation Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains, (JPDDH) a réuni une dizaine des gestionnaires des médias et journalistes d’Uvira (Sud-Kivu ), ce mercredi 6 octobre, pour échanger sur leur rôle dans la lutte contre la désinformation et les discours de haine.
Pour JPDDH, cet échange vise à amener les responsables des médias et les journalistes à connaître et maîtriser des techniques de couverture relatives à la démocratie et la lutte contre la désinformation et discours haine.
Maître Chako Chango Bonane, facilitateur du jour, est revenu sur les innovations de la nouvelle loi sur la presse en République démocratique du Congo.
Dans son exposé, il a fait savoir que dans cette loi, l’État congolais précise les conditions dans lesquelles le journaliste doit exercer sa profession pour contribuer au développement du pays.
« Nous avons insisté sur les innovations de la nouvelle loi, nous avons insisté bien évidemment sur les catégories des médias et des journalistes, tout en rappelant l’éthique et la déontologie des journalistes et surtout beaucoup plus a insisté sur les journalistes qui doivent respecter la loi, l’ordre public, les bonnes mœurs et le droit d’autrui, » a-t-il martelé.
Application impérative de la loi
Malgré l’existence de cette loi, la désinformation, les messages de haine existent toujours à Uvira, et particulièrement dans les réseaux sociaux.
Pour l’orateur, l’État congolais devra prendre ses responsabilités en punissant rigoureusement toute personne qui propage un message de haine.
« Il y a la loi sur la liberté de la presse, il y a aussi la loi sur le numérique. Pour nous, on estime que l’État congolais à travers ses organes habiletés, doit cas même punir les gens qui propagent les messages de haine mais également, l’État congolais devrait assumer sa responsabilité face à la régulation des médias qui sont d’ailleurs présumés à exercer le rôle de promotion de la paix, ils sont estimés être un pilier de la démocratie, » a renchérit Me Chako Chango.
Celui-ci a souligné l’importance du professionnalisme qui doit caractérisé les hommes des médias.
Engagement et inquiétude des participants
A Uvira, des émissions souvent diffusées pendant les heures de pointe par des animateurs non qualifiés font objet de l’accentuation des messages de haine et même la désinformation, indique un participant.
Pour palier à ce défi, les gestionnaires des médias et journalistes prennent l’engagement de jouer leur rôle en utilisant tous les moyens disponibles conformément à l’éthique et déontologie du métier.
Ils demandent cependant, l’installation des organes de régulation à Uvira, notamment l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSAC) pour faire un monitoring de tout cas de dérapage.

» En tant que journaliste, j’ai pris l’engagement d’utiliser tous les moyens à ma disposition pour que je puisse barrer la route à la désinformation et messages de haine à travers les médias sociaux et traditionnels. Nous avons remarqué que, ici à Uvira ce sont les émissions à forte audience sur tout le matin, où les gens font la confusion, des intervenants font circuler des messages de haine mais aussi la désinformation. Nous regrettons malheureusement la non présence dans la ville des organes comme l’UNPC ou le CSAC qui pouvaient nous aider à faire un suivi pour que des mesures soient prises » a dit Fiston Ngoma Mayabala, l’un des participants.
Celui-ci souhaite que ces émissions à téléphone ouvert soient suspendues en attendant que leurs animateurs passent au recyclage.
Cette formation a été organisée dans le cadre du projet « Médias pour la consolidation de la démocratie et la lutte contre les discours de haine en RDC » exécuté par l’ONG JPDDH sous l’appui de NED. Elle s’est tenue à l’hôtel Umoja dans la commune de Mulongwe à Uvira.
Depuis Uvira, Juvénal MUTAKATO


