Une partie du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) serait en proie à un incendie depuis deux jours. L’alerte est lancée par l’organisation Les Écologistes RDC, qui appelle les autorités compétentes à agir rapidement pour éviter la propagation des flammes. Dans un communiqué de presse daté du 1er septembre 2026, cette organisation indique que le feu aurait été signalé dans le groupement de Musenyi, dans la chefferie de Buloho, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.
Selon les informations recueillies auprès de sources locales, l’origine de cet incendie reste inconnue. Les Écologistes RDC craignent notamment que les flammes atteignent une partie du secteur organisationnel de Nkuku, avant de se propager vers le secteur de Bakano, dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
Face à cette situation, l’organisation demande à la Direction générale de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) de prendre des mesures urgentes pour maîtriser le feu et empêcher son extension.
Elle appelle également le responsable du site du PNKB à diligenter des enquêtes afin de déterminer les causes de cet incendie et de prendre des dispositions durables pour prévenir de nouveaux sinistres.
Créé en 1970 avant son extension en 1975, le PNKB s’étend sur environ 600 000 hectares à travers les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Nord-Kivu. Il abrite une biodiversité exceptionnelle, notamment les gorilles de Grauer, une espèce emblématique de la région.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980, le parc est toutefois inscrit depuis 1996 sur la liste du patrimoine mondial en péril, notamment en raison des pressions humaines exercées sur son écosystème.
Braconnage, abattage d’espèces ligneuses et exploitation illégale des minerais figurent parmi les menaces citées par Les Écologistes RDC, qui estiment que de vastes étendues du parc échappent aujourd’hui au contrôle des autorités de conservation.
L’organisation estime par ailleurs que les efforts engagés pour restaurer le statut du PNKB restent confrontés à plusieurs difficultés, notamment le déficit de communication entre les parties prenantes et la faiblesse de la concertation autour des enjeux de conservation.
Les Écologistes RDC proposent ainsi l’organisation d’un « Dialogue Vert » réunissant les différentes parties prenantes, en associant les problématiques du PNKB à celles du Parc national des Virunga. L’objectif, selon eux, serait d’adapter les stratégies de conservation aux réalités liées aux changements climatiques, au développement durable et à la lutte contre la pauvreté.
Juvénal MUTAKATO


