Ce jeudi 27 novembre 2025 à Bukavu, a marqué la clôture officielle du programme PROMOST (Pouvoir le développement des compétences orientées vers les besoins du marché et la création d’emplois dans la région des Grands lacs), financé par la Direction du développement et de la Coopération suisse (DDC) et mis en œuvre par Swisscontact. Ce grand événement met fin à une décennie d’engagement, axée sur la création d’emplois et l’augmentation des revenus à travers le renforcement du système d’enseignement et de formation technique et professionnel (EFTP) au Sud-Kivu.
Ce projet (PROMOST) laisse derrière lui un héritage chiffré et structurant. De 2016 à 2025, les résultats clés se présentent de la manière suivante : 10 257 jeunes ont été orientés dans les filières porteuses du marché ; 6 813 jeunes ont accédé aux formations techniques, dont 46,4% de femmes ; 4 721 jeunes ont trouvé un emploi ou se sont lancés en auto-emploi ; 1452 artisans de différents métiers ont fait valider leurs expériences à travers le dispositif (VAE) validation des acquis et expériences, avec un taux de réussite de 97,65%; 174,5 USD de revenu mensuel moyen supplémentaire enregistré par les jeunes insérés.
Outre, le programme a contribué à la réhabilitation et/ou équipement de 53 centres et ateliers d’EFTP, la mise en place de 7 Pools d’ingénierie de la formation professionnelle, la facilitation à la création d’un cadre provincial d’échange et de concertation pour le système de la formation professionnelle ainsi que la facilitation à la création de huit associations provinciales de métiers (APC).
Pérenniser les acquis du projet
Le Directeur pays de Swisscontact, Thierry Lenoir a souligné que le succès du programme PROMOST réside désormais dans son appropriation complète par les acteurs congolais.
« Nous avons démontré que l’EFTP peut être un véritable moteur d’autonomie économique. Aujourd’hui, nous lançons un appel solennel au gouvernement congolais, par l’intermédiaire de la Division provinciale de la formation professionnelle, ainsi qu’au cadre d’échange et de concertation des acteurs clés de la formation professionnelle et de l’insertion (CEC-FPI), afin qu’ils capitalisent pleinement ces acquis et assurent leur pérennité,» a exhorté Thierry Lenoir.
Un héritage salué
Lors d’un café de presse organisé à l’intention de la presse locale, le chef de division provinciale de la formation professionnelle, représentant le ministère de tutelle, s’est engagé à pérenniser les acquis de ce projet.
« Sans des normes, la formation restera à jamais. On a remarqué finalement que la maladie de diplôme s’est déjà terminée, il faudra qu’il y ait quelque chose de pratique au lieu de quelque chose d’éphémère. Nous, nous sommes là, nous avons encore la force d’arriver même dans le Shabunda, Mwenga, Lugushwa et Kilembwe pour que nous puissions toujours chercher à former, et qu’on puisse consommer le métier partout, » a promis Léopold Matabaro, responsable provincial de la formation professionnelle.
Celui-ci a souligné l’impact institutionnel du programme, formellement validé par les autorités congolaises. Il a ensuite salué le partenariat DDC/Swisscontact pour avoir structuré la gouvernance du secteur. « Aujourd’hui, notre province éducationnelle de la formation professionnelle est réputée être le modèle à suivre vis-à-vis des autres provinces de la RDC».
La formation professionnelle, un levier du travail
Pour le directeur de la DDC, la formation professionnelle est un levier du travail. Dans le contexte du Sud-Kivu où la présence des groupes armés persiste ce « projet a aidé à former des ex-combattants, des jeunes qui proviennent dans les groupes armés ». En cas des fonds, la pertinence du projet va augmenter,« profiter des expériences du passé, travailler ensemble au niveau opérationnel » un mécanisme qui donne plus des responsabilités aux acteurs, a-t-il indiqué.
A noter qu’en RDC, Swisscontact joue le rôle de facilitateur dans la création d’opportunités permettant aux futurs acteurs économiques d’améliorer leurs conditions de vie par leurs propres efforts. Une approche qui s’appuie sur le renforcement des chaînes de valeur locales et l’établissement de partenaires solides avec le secteur privé ainsi que les prestataires de service financiers locaux.
L’événement de ce jour a rassemblé les acteurs provinciaux, les représentants de la RDC, les partenaires publics et privés (FPM, CEC-FPI), les formateurs, et les jeunes bénéficiaires du programme, tous unis autour de la nécessité de consolider l’héritage de PROMOST.
Juvénal MUTAKATO


