L’annonce par le président Félix Tshisekedi de la convocation prochaine d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo est accueillie favorablement par plusieurs acteurs sociopolitiques du Sud-Kivu. Pour eux, cette initiative pourrait constituer un cadre important pour rapprocher les différentes sensibilités du pays et ouvrir la voie à une paix durable, particulièrement dans l’Est de la RDC, marqué depuis plusieurs années par des conflits armés.
Ces acteurs insistent toutefois sur la nécessité d’un processus réellement inclusif, qui devra associer toutes les parties concernées et tenir compte des différentes préoccupations de la population congolaise.
Pour Solange Lwashiga, actrice de la société civile et secrétaire exécutive du COCUS des femmes pour la paix au Sud-Kivu, le dialogue annoncé représente une opportunité de renforcer la cohésion nationale, considérée comme un élément essentiel face aux défis sécuritaires auxquels le pays fait face.
« Si nous avons une cohésion nationale interne, aucun ennemi ne peut attaquer la RDC, » affirme-t-elle, appelant les Congolais à dépasser les divisions pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
Elle plaide également pour une implication effective des femmes dans ce processus. Selon elle, leur participation ne doit pas être symbolique, mais doit permettre de recueillir leurs propositions et leurs solutions afin qu’elles soient intégrées dans les conclusions du dialogue ainsi que dans les engagements futurs.
« La femme congolaise doit se voir accorder une place de choix. Il faut l’écouter, lui demander des propositions et des solutions, et tenir compte de ses contributions dans les conclusions du dialogue ainsi que dans la feuille de route relative aux engagements qui seront pris, » insiste-t-elle.
Un appel à la participation de tous les acteurs de la crise
De son côté, Désiré Ntahira, acteur politique, salue la décision du chef de l’État, qu’il considère comme une démarche pouvant contribuer à la réconciliation nationale.
« Nous félicitons d’abord le président de la République pour avoir pris la décision de lancer ce dialogue, » déclare-t-il.
Cependant, il estime que la réussite de ces assises dépendra de la capacité des organisateurs à réunir les acteurs réellement concernés par les tensions actuelles dans le pays. Pour lui, aucune partie impliquée dans la crise ne devrait être écartée, car une paix durable nécessite l’implication de tous.
« Dans ce dialogue, on ne doit pas importer les participants, afin d’aboutir à une véritable réconciliation nationale, » souligne-t-il.
Un espoir pour mettre fin aux violences dans l’Est
Pour Jean Maurau Tubibu, acteur de la société civile, l’ouverture annoncée d’un dialogue constitue déjà un signal positif dans la recherche de la paix.
« Ce dialogue est déjà un pas vers la paix, » estime-t-il, appelant à ce que les discussions ne se limitent pas aux débats politiques, mais qu’elles débouchent sur des solutions concrètes capables de répondre aux causes profondes des conflits qui affectent notamment les provinces de l’Est du pays.
« Ce dialogue devrait rapprocher tous les Congolais, quelle que soit leur tendance, afin qu’ils se mettent ensemble pour restaurer la paix, » ajoute-t-il.
Dans une région longtemps affectée par l’insécurité, ces réactions traduisent une attente particulière autour de ce processus. Les acteurs rencontrés estiment que la crédibilité du dialogue dépendra de son caractère inclusif, de la sincérité des engagements pris et de la capacité des participants à placer la paix au-dessus des intérêts particuliers.
Déogratias Iragi et Yvette Ishara (stagiaires)


