Sud-Kivu : les femmes enceintes appelées à observer une alimentation saine et équilibrée pour leur santé et celle de leurs futurs bébés

Sud-Kivu : les femmes enceintes appelées à observer une alimentation saine et équilibrée pour leur santé et celle de leurs futurs bébés

Les femmes enceintes sont appelées à bien se nourrir durant la grossesse, car le corps de la femme enceinte fournit au futur bébé tous les éléments dont il a besoin pour bien se développer. Selon les agents de santé, les besoins en énergie et en éléments nutritifs sont les plus grands durant la grossesse.

Certaines femmes enceintes rencontrées au centre hospitalier Malkia Wa Amani de Bukavu, venues pour la consultation prénatale (CPN), disent connaître l’importance de leur bonne alimentation à travers la diversité des aliments. Elles connaissent les besoins en énergie, en protéines et en vitamines ainsi que les aliments riches en ces éléments, mais ces dernières disent être dans la difficulté de s’en en procurer faute des moyens.

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” Nous avons l’envie d’observer les différents conseils que les professionnels de la santé nous prodiguent, mais à cause de nos faibles revenus, nous n’y arrivons pas. On nous conseille de manger trois repas par jour en respectant notre faim, d’éviter des longues périodes sans manger,…mais moi personnellement, c’est rarement que je mange trois fois par jour et à ma faim”, Confie Justine Zawadi .

Même son de cloche pour Patricia Nzigire, qui laisse entendre que pendant la grossesse, la ration alimentaire n’affiche pas de modification particulière malgré sa connaissance de la valeur nutritive et hygiènique des aliments.

” En cette période où je suis enceinte, il y a pas de changement sur mon alimentation par rapport à la période où je n’étais pas enceinte. Parce que je continue à manger deux fois par jour (matin et soir), et c’est rarement que je varie les aliments, puisque je n’ai pas des moyens suffisants pour observer une alimentation diversifiée et équilibrée. Je mange souvent ce que j’ai pu trouver. Pas par ignorance de l’alimentation recommandée par les agents de santé, mais plutôt par manque des moyens “, Explique-t-elle.

En revanche, d’autres femmes enceintes rencontrées au centre de santé de la 5 ème Celpa de Muhungu en commune d’Ibanda toujours à Bukavu, affirment qu’elles pratiquent à la lettre les différents conseils qu’on leur prodigue à la consultation prénatale. Ceci pour s’assurer un accouchement facile et de pourvoir l’enfant de la santé, la force et l’intelligence.

” Lors des séances de consultations prénatales, on nous a toujours conseillé de suivre un régime alimentaire particulier et moi je le suis pour mon bien-être et celui de mon enfant à venir. Je mange la viande, les poisons, les oeufs, des aliments riches en vitamines comme le lait, les feuilles vertes riches en fer (les feuilles de patate douce) et les fruits de toutes sortes, tel que recommandé par des agents de santé “, Souligne Wivine Cikuru, une femme enceinte et mère de 4 enfants.

Cet avis n’est pas partagé par Claudine Furaha, qui malgré des recommandations des agents de santé sur la consommation des aliments riches en protéines et en vitamines qui devrait d’ailleurs se traduire en pratique, préfère prendre soin de son alimentation et ne pas manger trop pour éviter un accouchement “difficile secondaire au gros bébé”.

Ainsi, sur les pratiques alimentaires pendant la grossesse, il s’observe chez plusieurs femmes de la ville de Bukavu, la restriction alimentaire et la peur d’avoir un gros bébé qui selon elles, rend difficile l’accouchement. Une situation qui impacte négativement sur la croissance du foetus.

Des interdits coutumiers alimentaires

Ce que les ancêtres ont appris au sujet des interdits alimentaires demeurent au cours des générations.

Certaines femmes enceintes qui se sont confiées au reporter de Jambordc.info, se voient encore observer certains interdits alimentaires traditionnels religieux ou de la famille.

” (…) On nous interdit de consommer les oeufs, fromages au lait, les poissons, du miel, arachides,…quand nous sommes enceintes et ça même nous expliquer les vraies raisons. On nous interdit aussi certains fruits comme la papaye, le raisin, la pastèque,…C’est pourquoi je me prive de tous ces aliments durant la grossesse”, Martèle Espérance Nsimire, une femme enceinte et mère de 2 enfants rencontrée au centre de santé Salama lors de la CPN.

Par contre, d’autres femmes ayant un certain niveau d’instruction, disent ne plus tenir compte de ces interdictions. Elles sont réceptives aux conseils et aux recommandations des agents de santé et rejettent facilement les interdictions alimentaires qu’elles qualifient de “sans fondement”.

De la connaissance des maris sur la nécessité d’une alimentation et d’un repos suffisant pour leurs épouses

Plusieurs hommes (maris) de la ville de Bukavu, ne sont pas informés sur l’alimentation de leurs épouses durant la grossesse. Ils disent se contenter des certaines connaissances que leurs épouses possèdent et pensent que c’est “une affaire des femmes”.

Pendant cette période, certains hommes ne veillent pas au repos et à l’alimentation de leurs épouses, ils laissent ces dernières surchargées de travail. Une situation qui fait que les avortements, les fausses couches et les mort-nés soient plus fréquents chez les femmes sous-alimentées et sans repos suffisant.

Par contre, certains maris instruits qui sont d’ailleurs minoritaires, veillent à l’alimentation de leurs épouses durant la grossesse.

Cependant, plus d’un observateur pense que les hommes (maris) devraient être instruits sur l’importance et la nécessité de la bonne alimentation de leurs épouses pendant la période de grossesse. Ceci pour leur permettre de bien contribuer à la bonne alimentation de ces dernières durant la grossesse.

Contacté à ce sujet, Le docteur Luc Bazibuhe, médecin traitant et Radiologue au centre hospitalier Malkia Wa Amani confirme que sa structure ne ménage aucun effort pour prodiguer tous les conseils nécessaires aux femmes enceintes afin de les aider à conserver leur bonne santé et la croissance de leurs futurs bébés.

Il précise que pour le bon développement du fœtus, une femme enceinte doit respecter tous les conseils des professionnels de santé en lieu et place de se laisser emporter par les rumeurs, les mythes et interdis alimentaires coutumiers.

” Nous avons toujours conseillé aux femmes enceintes d’observer une alimentation saine, équilibrée et diversifiée, car les risques liées à l’alimentation de la femme enceinte sont multiples. Pour que la croissance du foetus se déroule au mieux, il est prudent d’éviter certains produits et de suivre quelques conseils simples. Ce que la femme mange pendant la grossesse, a un impact sur sa santé ainsi que sur celle de son bébé. Nous conseillons aux femmes enceintes de manger des aliments sains comme des fruits, des légumes, des légumineuses et des grains entiers, viande, poison, boire de l’eau lorsqu’elles ont soif, de manger trois repas par jour, etc.”, Poursuit le Dr. Luc Bazibuhe.

Et d’ajouter

” Nous appelons les femmes enceintes à éviter les privations inutiles et les régimes, éviter la consommation des aliments hautement transformés, généralement trop riches en gras, en sucre et en sel, éviter de consommer les boissons alcoolisées, les œufs crus, la viande crue, fromages au lait cru et fromages à pâte molle, mais aussi les poisons crus et fumés”.

De son côté, le nutritionniste Bakulu Patient invite les femmes enceintes à conserver une bonne alimentation pour le développement du bébé à naître, mais aussi pour leur santé.

Il appelle ces dernières à veiller à une alimentation variée et équilibrée afin d’éviter des carences en vitamines, calcium, fer, iode. Ceci avant de les inviter à ne pas hésiter à prendre conseil auprès des professionnels qui suivent leurs grossesses.

“Nous professionnels de la nutrition, nous devons veiller à accompagner au mieux les femmes durant cette période importante de leur vie. Leur alimentation devra couvrir leurs besoins ainsi que les besoins des fœtus. Cependant, je les appelle à ne pas négliger les conseils que les nutritionnistes et les professionnels de la santé leur prodiguent”, renchérit le nutritionniste Bakulu Patient.

Moïse Aganze

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La Rédaction JamboRDC

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