Plus de 2 480 personnes ont bénéficié des soins à Katana dans le territoire de Kabare et à Kalehe (Sud-Kivu) en seulement un mois, indique l’organisation Médecins sans frontières (MSF), dans un communiqué publié ce mardi 12 août.
Alors que le système de santé local se retrouvait au bord de l’effondrement, MSF a mené des actions comme la prise en charge pédiatrique des enfants de moins de cinq ans, le traitement de la malnutrition, les soins gynéco-obstétricaux en cas de complications, soutien aux victimes de violences, de dons importants de médicaments et de matériels médicaux aux structures locales.
Une évaluation menée par MSF en mars, suite aux affrontements violents dans la zone début 2025, a révélé une situation de crise majeure: sur 24 structures de santé évaluées dans les zones de Santé de Katana et Kalehe, note ce communiqué de presse, 15 ont dû fermer, 10 ont été endommagées et 16 ont été pillées. En réponse, MSF a soutenu les hôpitaux généraux de référence de Katana et Kalehe, ainsi que les centres de santé de Katana Nuru, Mabingu, Lushebere, Kalehe et Luzira.
En plus des dommages subis par les structures de santé, mettant en péril leur opérationnalité, les patients font face eux aussi à des barrières d’accès aux soins telles que les difficultés économiques et l’insécurité.
« Le nombre de patients a explosé depuis l’arrivée de MSF, » explique le Dr Bahati Magadju, directeur général de l’hôpital général de référence de Katana, cité dans ce communiqué.
« Nous n’admettions qu’environ cinq nouveaux cas pédiatriques par semaine. En juin, ce chiffre est passé à près de 60 admissions hebdomadaires. Avec la gratuité des soins et l’approvisionnement en médicaments garantis par MSF, ainsi que le travail conjoint entre les équipes de l’hôpital et celles de l’organisation, nous avons pu observer une baisse de la mortalité, » a-t-il poursuivi.
Les affrontements dans la région ont également exacerbé la vulnérabilité alimentaire des ménages, de nombreuses familles étant privées de l’accès à leurs champs et faisant ainsi grimper les prix des denrées.
« Beaucoup de familles ont perdu leurs moyens de subsistance et n’ont plus de quoi se nourrir correctement, » explique Emmanuel Njikam, coordinateur adjoint de projet pour MSF. Soulignant que : « nous avons fourni des aliments thérapeutiques comme le Plumpy’Nut, ce qui a permis à des enfants de se rétablir de la malnutrition, ».
Malgré ces avancées, l’insécurité et la fermeture des aéroports de Bukavu et Goma continuent de limiter l’accès humanitaire.
« Il existe encore des zones où nous ne pouvons pas intervenir, alors que les besoins restent immenses, » indique pour sa part Muriel Boursier, cheffe des programmes MSF au Sud Kivu. « Il est essentiel que tous les acteurs garantissent un passage sécurisé pour l’aide humanitaire et qu’un approvisionnement régulier en médicaments et aliments thérapeutiques soit assuré par le ministère de la santé et ses partenaires. Trop de centres de santé sont aujourd’hui gravement sous-approvisionnés,» renchérit-il.
Malgré les efforts, l’organisation note que les besoins restent immenses. Il est donc essentiel de garantir l’accès humanitaire et un approvisionnement régulier en médicaments et aliments thérapeutiques, conclut MSF.
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