Au Sud-Kivu, les besoins humanitaires prennent de l’ampleur alors que l’assistance peine à couvrir l’ensemble des populations affectées. Déplacements liés aux conflits, incendies à répétition à Bukavu, perte des moyens de subsistance et difficultés d’accès à certains services sociaux : le Parlement citoyen pour la démocratie et la bonne gouvernance-Baraza La Raiya appelle à renforcer la réponse humanitaire dans la province.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce 19 août, cette organisation de défense des droits humains salue le travail des acteurs humanitaires qui continuent d’intervenir dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, malgré les contraintes sécuritaires.
Mais pour le Parlement citoyen, la réponse actuelle reste en décalage avec la réalité vécue par de nombreuses familles. Les déplacements provoqués par les affrontements à Kalehe et Fizi, les incendies enregistrés notamment à Bukavu et la perte des moyens de subsistance ont davantage fragilisé les ménages.
L’organisation estime que cette situation devrait conduire à revoir les critères utilisés pour identifier les personnes considérées comme vulnérables. Elle souhaite que les victimes d’incendies, les personnes déplacées, celles ayant perdu leurs sources de revenus ainsi que les populations vivant dans des zones où les services sociaux sont fortement perturbés soient mieux prises en compte.
Le Parlement citoyen attire également l’attention sur plusieurs zones où l’accès à l’aide reste difficile. Il cite notamment Ngali, Kamina, Cishashu/Karhongo, Irongo, Nindja, Kalonge, Luhwindja, Fizi, Kalehe et Idjwi, ainsi que certaines périphéries de Bukavu.
Pour atteindre les populations vivant dans les zones les plus enclavées, l’organisation propose notamment d’étudier la possibilité d’une voie aérienne humanitaire lorsque les conditions sécuritaires et techniques le permettront. Cette option pourrait faciliter l’acheminement de l’assistance vers Shabunda et Mwenga.
La situation des enfants préoccupe également cette organisation. Elle demande une évaluation urgente du nombre d’enfants ayant quitté l’école à la suite des conflits, des déplacements, de la destruction ou de la fermeture des établissements scolaires, mais aussi de la pauvreté qui frappe certaines familles.
Le Parlement citoyen souhaite que des mécanismes de réinsertion scolaire soient envisagés, avec l’implication notamment de l’UNICEF et de Caritas, afin d’éviter que les crises actuelles ne compromettent davantage l’avenir des enfants.
Autre préoccupation soulevée : la sécurité des humanitaires eux-mêmes. Dans certaines zones éloignées des centres urbains, l’organisation fait état de menaces, notamment des cas de kidnapping et de séquestration. Elle estime que les acteurs humanitaires doivent eux aussi bénéficier de mesures de protection suffisantes pour poursuivre leur travail auprès des communautés.
Au terme de son communiqué, le Parlement citoyen appelle à renforcer l’enveloppe humanitaire destinée au Sud-Kivu, à élargir les zones couvertes par l’assistance et à améliorer l’identification des personnes vulnérables. Il insiste également sur la protection des travailleurs humanitaires et la prise en compte des enfants déscolarisés.
L’organisation invite enfin les autorités, les partenaires humanitaires, la société civile, les médias et les communautés à travailler ensemble pour améliorer la réponse aux différentes crises qui touchent la province.
Pour le Parlement citoyen, cette assistance doit rester fondée sur les principes de gratuité, de neutralité, d’impartialité, d’indépendance et d’humanité.
Juvénal MUTAKATO


