La pénurie d’eau potable prend une ampleur inquiétante dans la commune de Bagira, à Bukavu (Sud-Kivu). Selon la société civile communale, une telle situation n’avait jamais été vécue dans certains quartiers, notamment Lumumba et Nyakavogo. Certains ménages passent désormais plus de trois semaines sans eau.
La situation est également signalée à Mulambula et Cikonyi, avec des conséquences importantes sur la vie quotidienne de la population. La pénurie affecte également gravement les activités scolaires.
Des élèves sont contraints de manquer les cours pour aller chercher de l’eau. Les filles sont particulièrement touchées, notamment en raison des difficultés d’accès à l’eau pour leur hygiène, surtout pendant les périodes de menstruation.
Dans les ménages comme dans les écoles, le manque d’eau complique aussi l’utilisation et l’entretien des toilettes. Cette situation pose de sérieux problèmes d’hygiène et augmente les risques de maladies liées aux mains sales.
De son côté, la Régie de distribution d’eau, REGIDESO direction régionale évoque le prolongement de la saison sèche pour expliquer cette situation. La baisse des ressources en eau affecte ainsi la desserte de plusieurs quartiers de Bukavu.
Face à cette situation, la société civile appelle les autorités à renforcer les moyens des services chargés du captage, du traitement et de la distribution d’eau.
Elle recommande notamment la multiplication des bornes-fontaines à pompage et le captage de nouvelles sources afin d’assurer une desserte régulière de la population.
Pendant ce temps, le prix de l’eau augmente dans certains points de vente à Bagira. Un bidon de 20 litres se négocie entre 250 et 300 francs congolais, tandis que trois bidons peuvent coûter jusqu’à 1 000 francs.
Pour la société civile, cette pénurie qui affecte à la fois les ménages et les écoles nécessite des mesures urgentes et des solutions durables.
Yvette Ishara (stagiaire, étudiante à l’ETJ)


