Réouverture unilatérale de Bunagana, la RDC s’en prend à l’Ouganda

Le gouvernement congolais a chargé lors du conseil des ministres du vendredi 11 juillet, sa ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba de demander des explications claires à Kampala sur la réouverture unilatérale du poste frontalier de Bunagana (Nord-Kivu).

Selon le gouvernement de la République démocratique du Congo, au-delà d’un simple point de passage, Bunagana est devenu un symbole «celui d’un territoire congolais échappant toujours au contrôle de l’État».

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Depuis la prise de Bunagana le 13 juin 2022, l’AFC/M23 y a instauré un véritable système fiscal parallèle. Selon un rapport des Nations-Unies de décembre 2022, les rebelles perçoivent des taxes sur tout : les piétons, le bétail et même l’accès aux terres agricoles.

À lui seul, le poste de Bunagana générait environ 27 000 dollars par mois pour le mouvement, selon ce rapport.

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Cette manne financière, alimentée par des échanges transfrontaliers tolérés voire facilités côté ougandais, contribue au financement de leur effort de guerre. Et le retour du trafic ne fera que renforcer cette dynamique, alertent les autorités provinciales du Nord-Kivu.

Pour la RDC, la réouverture du poste frontalier sans coordination avec les autorités congolaises s’apparente à une provocation. D’autant qu’une interdiction formelle d’y faire transiter des marchandises avait été émise en juin 2022 par le gouverneur militaire de l’époque, Constant Ndima. Il avait averti que tout commerce via Bunagana serait considéré comme un acte de fraude… et de collaboration avec l’ennemi.

Mais sur le terrain, la réalité défie les décisions politiques. Malgré l’interdiction, les mouvements de biens et de personnes n’ont jamais vraiment cessé, tant la population locale est dépendante de ce point de passage pour sa survie économique.

L’enjeu est clair du côté de la RDC : il s’agit de réaffirmer sa souveraineté sur une zone stratégique, tout en empêchant que le M23 ne se renforce économiquement grâce au commerce transfrontalier. Mais la tâche s’annonce difficile sans une implication plus ferme des partenaires régionaux et internationaux.

En attendant, Bunagana reste ce point névralgique où s’entrechoquent les intérêts politiques, économiques et militaires. Un carrefour où, pour l’instant, ce sont les armes qui dictent la loi.

Rédaction

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