Un nouveau mouvement de déplacement de la population civile est signalé à Kalehe (Sud-Kivu) après les affrontements survenus l’après-midi du jeudi 10 juillet opposant les combattants Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23 dans les villages de Kasheke et Buzunga, expliquent des sources concordantes.
Des centaines de familles ont fui vers des zones jugées plus sûres suite à l’intensification des combats. Certains ont pris la direction sur l’îlot d’Ihoka sur le lac Kivu et d’autres vers le village de Kadjucu, dans le territoire voisin de Kabare.
Selon nos sources dans la zone, ce vendredi matin, de nouveaux départs ont été enregistrés, notamment à Nyamutwe, Tshisheke, Bulemera et Buhama, où les combats ont repris. Des témoins évoquent une panique généralisée, des biens pillés, des maisons visitées et même des cas d’enlèvement, notamment à Buhama.
« Le village est en débandade. Les activités sont paralysées, et la population cherche désespérément à se réfugier. Nous appelons les autorités à intervenir pour sécuriser les civils, » a déclaré un habitant joint par radio Okapi.
Ces affrontements s’inscrivent dans une escalade des violences sur l’axe Kasheke-Lemera, où le M23 tente de reprendre le contrôle de la RN2, route stratégique reliant Bukavu à Goma. Les déplacés se comptent par milliers, sans accès à l’eau potable, aux soins médicaux ni à l’assistance humanitaire.
Accroissement du besoin humanitaire
Après une enquête menée par la Synergie des organisations paysannes de lutte contre la faim et la pauvreté (SOLFAP), il ressort que la pénurie d’eau potable dans plusieurs villages surpeuplés par des déplacés et retournés de guerre, entraîne des conséquences désastreuses sur la santé et l’hygiène.
Dans un entretien accordé à la radio JamboFM ce vendredi 11 juillet, son coordonnateur, Habamungu Bodson indique qu’après enquête sur la qualité de l’eau consommée par les populations locales, il se dégage que différents villages sont dépourvus de l’eau potable.
« À partir des enquêtes menées sur l’état de lieu les addictions et sources d’eau potable dans la chefferie de Buhavu, la SOLFAP tient à alerter sur la quarance en eau potable observée ces derniers temps dans certains villages des groupements de Mbinga-nord, de Buzi et Mbinga-sud. Cette carence est attribuée à l’andomagement de certaines addictions et sources d’eau pendant les affrontements entre les FARDC et le M23,» indique Habamungu Bedson.
Pour accéder à l’eau les déplacés de guerre, les retournés et tous les autres populations parcourent une longue distance avant d’accéder à l’eau potable, soulignant le danger auquel ils sont exposés surtout en ce moment où la situation sécuritaire reste instable.
Habamungu Bedson évoque également une conséquence liée à la résurgence des maladies hydriques, notamment le choléra et la fièvre typhoïde.
Tout en déplorant l’absence des humanitaires qui interviennent dans ce secteur à Kalehe, le coordonnateur de la Synergie des organisations paysannes de lutte contre la faim et la pauvreté (SOLFAP) plaide pour que ces déplacés internes et retournés aient accès à l’eau potable.
Nelson KITUMAINI (stagiaire)


