RDC: une crise éphémère ou une explosion de l’AFDC? Lukwebo se voit écarté de la gestion du parti

Les membres fondateurs de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo (AFDC) ont officiellement désavoué le sénateur Modeste Bahati Lukwebo et annoncé la mise en place d’un comité de crise dirigé par Otto Bahizi. Cette décision a été rendue publique mercredi 25 mars lors d’un point de presse organisé à l’hôtel Rotana, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. 

Au cours de cette rencontre avec la presse, les membres fondateurs et plusieurs cadres du parti ont vivement critiqué la gestion de Modeste Bahati Lukwebo, l’accusant notamment d’avoir pris des positions politiques sans consulter les organes statutaires du parti. Ils ont en outre exprimé leur loyauté irréfragable envers le président de la République Félix Tshisekedi.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Les intervenants ont particulièrement évoqué la sortie médiatique du président national de l’AFDC du 4 mars dernier, au cours de laquelle il s’était exprimé sur la question de la révision de la Constitution. Selon les fondateurs, ces propos s’écarteraient de la ligne politique de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique soutenant le président Tshisekedi.

Les signataires de la déclaration ont également dénoncé ce qu’ils qualifient de « gestion autocratique » du parti, reprochant au sénateur Bahati de confondre, selon eux, le patrimoine privé avec celui du parti et de maintenir une opacité dans la gestion administrative et financière.

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Mise en place d’un comité de crise

Face à cette situation, les membres fondateurs ont décidé de mettre en place un comité de crise chargé de préserver les acquis du parti au sein de l’Union sacrée et de restaurer la cohésion interne.

Ce comité aura notamment pour mission de préparer et d’organiser un congrès extraordinaire du parti dans un délai jugé raisonnable.

À la tête de cette structure, les fondateurs ont désigné Otto Bahizi, l’un des cofondateurs de l’AFDC, qui assume les fonctions de président du comité de crise et de président national du parti par intérim. Il sera assisté par quatre cadres issus notamment de l’Assemblée nationale, du Sénat et d’autres institutions publiques.

Otto Bahizi charge Bahati Lukwebo

Prenant la parole à son tour, Otto Bahizi a accusé Modeste Bahati Lukwebo d’avoir transformé l’AFDC en un « parti familial ». Il a affirmé que les membres fondateurs avaient décidé d’écarter toute personne qui s’éloignerait de la philosophie politique du parti et de l’Union sacrée.

Selon lui, la décision vise à « recadrer » la formation politique et à préserver son caractère national. Il a également annoncé que le comité de crise entreprendra des démarches auprès de l’autorité morale de l’Union sacrée afin de réaffirmer l’engagement du parti au sein de la plateforme présidentielle.

Otto Bahizi a par ailleurs appelé tous les militants et cadres de l’AFDC à rejoindre le comité de crise pour, dit-il, « préserver les acquis de la grande famille politique de l’Union sacrée de la nation ».

Une crise politique ouverte

Malgré les tensions internes, Otto Bahizi a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d’implosion de l’AFDC, mais plutôt une volonté de réorganiser le parti et de restaurer la confiance entre ses dirigeants. Il a enfin indiqué que le comité de crise allait engager une réorganisation complète des structures du parti en attendant la tenue d’un congrès extraordinaire qui devra clarifier la direction et l’avenir de l’AFDC.

Une démarche rejetée par le secrétariat général du parti

Dans un communiqué publié le même mercredi, le secrétariat général de l’AFDC dit avoir constaté avec regret des prises de position et des déclarations émanant d’un poignet d’individus se réclamant abusivement fondateurs de cette formation politique.

« Le parti tient à rappeler avec fermeté que seules les instances régulièrement constituées et les responsables dûment mandatés sont habilités à engager le parti, à s’exprimer en son nom et à définir sa ligne politique. Toute initiative contraire constitue une violation flagrante de nos textes fondamentaux et de nos règles de fonctionnement interne,» a écrit Guy-Richard Malonga, secrétaire général de l’AFDC.

Il appelle l’ensemble des militants et militantes à la vigilance, à la discipline et au respect strict des statuts et règlements du parti, selon lui, «gages de notre cohésion et de notre crédibilité surtout en cette période où nous sortons de notre quatrième Congrès ordinaire ».

Juvénal MUTAKATO

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