En République démocratique du Congo, les peuples autochtones pygmées continuent de faire face à de nombreuses difficultés, malgré les garanties prévues par la loi. Accès à la terre, éducation, soins de santé, justice et participation aux décisions : plusieurs défis restent encore à relever pour assurer la pleine reconnaissance de leurs droits.
Une avancée importante a pourtant été enregistrée en 2022 avec la promulgation de la loi n°22/030 du 15 juillet portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées. Cette législation reconnaît notamment leurs droits sur les terres, les territoires et les ressources naturelles, mais aussi la protection de leur identité et de leur culture.
Quatre ans après son adoption, la mise en œuvre de ces dispositions reste cependant confrontée à plusieurs obstacles. Sur le terrain, les communautés autochtones peinent encore à accéder à certains services essentiels et à faire valoir pleinement leurs droits.
Pour Ladislas Witanene, défenseur des droits des peuples autochtones dans l’Est de la RDC, les autorités doivent désormais passer des textes aux actions concrètes. Il appelle notamment à renforcer les mécanismes permettant à ces communautés d’accéder à la terre, à l’éducation, aux soins de santé et à la justice.
La discrimination et la marginalisation figurent également parmi les préoccupations soulevées. La faible implication des peuples autochtones dans les processus de prise de décision est, elle aussi, considérée comme un frein à la prise en compte de leurs besoins et de leurs priorités.
Ladislas Witanene insiste par ailleurs sur la nécessité de mieux protéger les territoires occupés ou traditionnellement utilisés par ces communautés. Il plaide également pour que leurs savoirs et pratiques traditionnels soient davantage pris en compte dans les initiatives de conservation de la biodiversité.
Alors que la RDC dispose désormais d’un cadre légal spécifique, le principal enjeu reste donc son application effective.
Pour les défenseurs des droits des peuples autochtones, cette étape est essentielle afin de leur permettre de jouir pleinement de leurs droits et de participer aux décisions qui concernent leur avenir.
Elvine CIZA


