L’ancien président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila a réagi via son cabinet à la décision du gouvernement américain le visant. Dans un communiqué officiel publié au lendemain de cette décision, son entourage dénonce des sanctions injustifiées et politiquement motivées.
Le cabinet de l’ex président de la République accueille la mesure avec « étonnement ». Selon les auteurs du communiqué, elle repose sur des accusations « non étayées par des preuves irréfutables ».
Le document revient sur le parcours de Joseph Kabila à la tête du pays entre 2001 et 2019, période durant laquelle il affirme avoir consacré son action à la réunification du territoire national et à la pacification progressive de la République démocratique du Congo.
Le texte souligne également les efforts entrepris en matière de réconciliation nationale, de reconstruction de l’État et de stabilisation de la région des Grands-lacs.
Selon ce communiqué, c’est sous sa présidence que le pays serait sorti d’une guerre régionale dévastatrice et aurait retrouvé son unité institutionnelle. Le cabinet met aussi en avant la première passation pacifique et civilisée du pouvoir au sommet de l’État, présentée comme un moment marquant de l’histoire politique congolaise.
La décision américaine est jugée d’autant plus surprenante qu’elle s’appuierait, d’après le texte, sur le « narratif des autorités actuelles de Kinshasa ». Le communiqué affirme que ces accusations n’auraient pas été soutenues par des preuves devant la justice militaire congolaise.
Une situation qui, selon ses rédacteurs, pourrait être perçue, à l’échelle nationale et internationale, comme un appui à des « pratiques autoritaires ».
Dans cette optique, le cabinet évoque les risques d’interprétation de cette décision comme un soutien à la répression des voix critiques, notamment celles qui dénoncent la corruption, la prédation et la gestion actuelle de l’État. Le texte met en garde contre ce qu’il considère comme une confusion entre justice et règlement de comptes, ainsi qu’un usage abusif de motifs sécuritaires pour restreindre les libertés.
Par ailleurs, Joseph Kabila réaffirme son attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la paix, tant en République démocratique du Congo que dans la région des Grands-lacs. Il appelle à une implication des États-Unis orientée vers la recherche d’une solution durable aux défis du pays, qu’il estime être autant politiques et économiques que sécuritaires, et dépassant le seul cadre de l’Est du territoire.
Enfin, l’ancien président prévoit d’activer les voies légales pour « exiger les éléments vérifiables ayant fondé cette désignation » et ainsi défendre son honneur et sa contribution historique.Toutesfois, il réaffirme dans le même temps, sa détermination à œuvrer pour la démocratie, l’État de droit et la cohésion nationale, invoquant le devoir constitutionnel de faire échec à tout pouvoir exercé en violation de la Constitution.
Rédaction


