Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a dénoncé « l’enlèvement » de son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, par des hommes en uniforme tôt ce mardi 16 décembre à son domicile. Plusieurs sources du parti renseignent que c’est tôt le matin que l’ancien candidat à la présidentielle de 2018 a été conduit vers une destination jusqu’ici inconnue.
Dès la nouvelle connue, les réactions à l’arrestation d’Emmanuel Shadary n’ont évidemment pas tardé au sein de sa famille politique. Le PPRD dit condamner ces « actes d’acharnement » et exige la libération de Ramazani Shadary ainsi que d’autres membres du parti se trouvant dans la même situation.
« Finalement, qu’est-ce qu’on a fait lorsqu’on va s’en prendre au secrétaire permanent qui est la tête même de l’exécutif du parti ? Qu’est-ce qu’on cherche ? Et que dans l’entrefaite, on apprend que même le camarade Mwarabu, son proche collaborateur, lui était pris avant, à 2 heures du matin. Nous n’oublions pas le cas de notre camarade Parole Kamizelo qui, lui aussi, depuis qu’il a été enlevé par les mêmes méthodes et pour qui on n’a aucune information, » déplore Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du PPRD.
Il dénonce « encore une fois ces actes de terreur », perpétrés par le régime en place.
Cet événement intervient, rappelle-t-il, au lendemain d’autres « actes de terreur encore une fois qui se sont passés au domicile principal de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, qui est le président national de notre parti ».
Selon des proches, l’interpellation d’Emmanuel Shadary a eu lieu vers 3h30 ce matin, à son domicile de la Gombe. Plusieurs dizaines d’hommes en uniformes principalement des militaires de la Garde présidentielle se sont présentés à son domicile.
Une dizaine d’entre eux, armés, cagoulés et portant des gilets pare-balles, ont forcé la porte et ont irruption dans sa chambre, décrit plusieurs sources citées par la presse de la capitale. Ils ont fouillé son bureau, pris ses téléphones portables et sont partis avec lui à bord de jeeps militaires.
Sa famille, qui ne sait pas où il a été emmené, s’est présentée dans la matinée à Tshitshi, le camp de la garde républicaine, mais n’a pas eu confirmation de sa présence. Elle était toujours sans nouvelle de lui dans la soirée.
Aubin Minaku, vice-président du PPRD, a d’abord condamné une interpellation qui s’est déroulée selon lui « dans des conditions inquiétantes et au même moment qu’une perquisition nocturne du siège du FCC[ Front commun pour le Congo]».
Celui-ci a aussi dénoncé des méthodes qui «fragilisent la cohésion nationale » et exigé la libération immédiate d’Emmanuel Shadary.
Dans un communiqué, le FCC a quant à lui dénoncé un acte « d’intimidation et de terreur » envers les leaders de l’opposition avant d’appeler à leur libération.
Plusieurs sources renseignent qu’il y a quelques mois, Emmanuel Shadary, soupçonné par les autorités de complicité avec le groupe rebelle AFC/M23, avait été convoqué par la justice militaire et s’était vu signifier une interdiction de quitter le territoire national. Plus récemment il a également critiqué les accords de Washington et de Doha, les qualifiant de revers diplomatique.
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