Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a réitéré son engagement en faveur des victimes du GENOCOST à l’occasion de la Journée nationale de commémoration célébrée, dimanche 2 août, à Uvira. Entre devoir de mémoire, appels à la justice et annonces de nouvelles initiatives, la cérémonie a également donné la parole à plusieurs survivants des violences armées.
Réunis sur la place du Monument Mulongwe, autorités provinciales, élus, partenaires et représentants des victimes ont pris part à la quatrième édition de la Journée nationale du Génocost, placée cette année sous le thème : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? ».
Au nom du gouvernement provincial, le vice-gouverneur et gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, a annoncé plusieurs engagements destinés à préserver la mémoire des victimes et à accompagner les survivants. Il s’agit notamment de poursuivre l’identification des victimes des fosses communes, d’ériger un mémorial provincial du Génocost à Uvira et de renforcer la mobilisation autour de la reconnaissance internationale du génocide congolais perpétré pour des motivations économiques.
Dans son intervention, l’autorité provinciale a rappelé que le Sud-Kivu reste l’une des provinces les plus durement frappées par les conflits armés qui secouent l’Est de la RDC depuis plus de trois décennies. Il a cité plusieurs localités ayant connu des massacres, parmi lesquelles Makobola, Kasika, Katogota, Mutarule, Kanyola, Kamituga, Shabunda, Kalehe, Mwenga, Walungu, Kabare et Bukavu.
Jean-Jacques Elakano est également revenu sur les violences survenues à Uvira entre le 8 décembre 2025 et le 5 janvier 2026. Selon lui, cette période a coûté la vie à des centaines de personnes et conduit à la découverte de plus de onze fosses communes.

Des témoignages qui ravivent les blessures
L’un des temps forts de cette commémoration a été marqué par les témoignages des survivants. Devant les participants, plusieurs victimes ont raconté les pertes subies pendant les affrontements ayant secoué Uvira.
Un père de famille a notamment expliqué avoir perdu quatre de ses cinq enfants lors des événements du 10 décembre 2025, tandis que Wivine Muzaliwa a indiqué avoir perdu son époux, ses deux enfants ainsi que deux autres proches lors de l’entrée de l’AFC/23 dans la ville.
À travers leurs témoignages, les victimes ont appelé les autorités congolaises à faire toute la lumière sur ces crimes, à traduire les auteurs en justice et à mettre en place des mécanismes de réparation et d’assistance en faveur des familles affectées.
Organisée par le FONAREV en collaboration avec le gouvernement provincial du Sud-Kivu, la cérémonie s’est clôturée par un dépôt de gerbes de fleurs et un allumage de bougies au monument Mulongwe, en mémoire des victimes des violences ayant endeuillé la province.
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