Devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès ce lundi 8 décembre 2025, le président de la République Félix Tshisekedi a reconnu qu’une partie du territoire demeure encore sous l’emprise de groupes armés, plaçant des milliers de familles sous une menace permanente.
Avec un ton ferme et déterminé, Félix Tshisekedi a déclaré : « Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline de ce pays restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée ».
Cette affirmation témoigne de la volonté du chef de l’État de faire du rétablissement de l’autorité publique une priorité absolue. Pour Tshisekedi, aucune réforme politique, sociale ou économique ne saura porter pleinement ses fruits tant que la sécurité ne sera pas garantie sur l’ensemble du territoire national.
Dans son allocution, le chef de l’État a également insisté sur la situation des déplacés internes ayant fui les violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« À mesure que l’autorité publique se rétablira, notre cap est sans équivoque : stabiliser durablement les espaces reconquis et organiser le retour progressif, sûr et digne de nos compatriotes déplacés, » a-t-il affirmé.
La reconstruction de l’Est, a-t-il poursuivi, constituera l’un des chantiers majeurs de son quinquennat, un message porteur d’espoir pour des populations meurtries depuis de nombreuses années.
Par ailleurs, Félix Tshisekedi est revenu sur les accords de Washington et de Doha, largement commentés ces dernières semaines. Il a tenu à lever toute ambiguïté : ces accords, a-t-il précisé, « n’impliquent en aucun cas un partage de la souveraineté de la République démocratique du Congo ». Une mise au point destinée à rassurer l’opinion publique et à clarifier les enjeux diplomatiques.
Sur le plan économique, : Tshisekedi a dévoilé le montant du budget national pour l’exercice 2026, évalué à 20,3 milliards de dollars américains. Un niveau inédit, présenté par le chef de l’État comme le reflet d’une ambition renouvelée pour le pays.
« Ce budget reflète notre détermination à renforcer la stabilité macroéconomique, à accélérer les réformes structurelles et à améliorer les conditions de vie de notre population, » a-t-il indiqué, rappelant que la trajectoire budgétaire du pays est en nette progression depuis plusieurs années.
Selon Félix Tshisekedi, cet effort financier vise avant tout à consolider les acquis économiques et sociaux, tout en préparant un tournant décisif pour la République démocratique du Congo.
Le gouvernement place en priorité la sécurité, l’éducation, la santé, les infrastructures ainsi que la lutte contre la pauvreté, des secteurs jugés essentiels à la stabilité du pays et à l’amélioration du quotidien des Congolais.
Cette enveloppe record devra encore être examinée par les élus nationaux. Toutefois, le président affirme que l’année 2026 doit marquer une étape stratégique : celle d’un État soucieux de mieux investir au profit de sa population.
Ce rendez-vous annuel très attendu, au cours duquel le chef de l’État a dressé un tableau des grands défis du pays et des priorités de son action, a été marqué par un accent particulier sur la sécurité, la restauration de l’autorité de l’État et la volonté de reconstruire un pays meurtri, mais résilient. Un message à la fois ferme et porteur d’espoir face aux menaces qui pèsent encore sur une paix durable.
Juvénal MUTAKATO


