Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dit avoir évacué 21 blessés par armes, dont sept enfants, sur une distance de 40 km jusqu’à la ville d’Uvira (Sud-Kivu). Dans un communiqué de presse publié ce dimanche 7 décembre, le CICR déplore la situation humanitaire dans la province, qui s’est fortement dégradée à la suite de l’intensification de combats violents, entraînant de nombreux blessés et des déplacements massifs de populations.
Ce document consulté par notre rédaction ce lundi 8 décembre révèle qu’une équipe du CICR et de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo, a évacué 21 blessés par armes. Ces blessés sont pris en charge par des équipes médicales de l’hôpital général de référence d’Uvira, soutenu par le CICR.
Cette organisation note que, malgré les besoins urgents, les combats dévastateurs de cette dernière semaine dans les territoires d’Uvira, Walungu, Mwenga et de Fizi au Sud-Kivu rendent extrêmement difficile le secours aux blessés et notamment leur transfert vers des structures médicales appropriées.
« Nous craignons qu’un grand nombre de ces blessés ne parviennent pas à trouver les soins médicaux dont ils ont désespérément besoin, » s’inquiète Djibril Mamadou Diallo, chef du bureau du CICR à Uvira.
Le communiqué rapporte que depuis plusieurs mois, le CICR renforce les capacités de l’hôpital général de référence d’Uvira, en formant son personnel en cas d’afflux important de blessés et en fournissant des intrants médicaux et des médicaments vitaux. Au vu de la situation qui se détériore, le CICR déploie également d’urgence une équipe chirurgicale supplémentaire pour prendre en charge un afflux plus important de blessés.
« Des hommes, des femmes et des enfants se trouvent piégés par les combats, sur plusieurs lignes de front. Certains sont restés terrés dans leurs maisons pendant plusieurs jours. Ceux qui ont pu fuir, se retrouvent par dizaines de milliers dans un exode de trop pour des personnes vivant déjà dans des situations précaires et qui du jour au lendemain doivent tout abandonner et prendre le chemin de l’exil,» a ajouté le chef du CICR à Uvira.
Le document évoque également une utilisation accrue d’armes explosives à large rayon d’impact tel que des obus et des roquettes dans des zones densément peuplées, victimes civiles et détruit leurs biens y compris des infrastructures essentielles à leur survie.
« Or, l’emploi de tels moyens à proximité ou à l’intérieur des zones densément peuplées engendrent de graves conséquences humanitaires pour les civils, et augmente le risque que des attaques indiscrinées soient menées,» explique Mamadou Diallo.
Le CICR rappelle à toutes les parties au conflit et tous les acteurs qui participent directement aux hostilités qu’ils doivent se conformer à leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.
« Toutes les opérations militaires doivent être conduites en veillant constamment à épargner, ou du moins, réduire les dommages causés à la population civile et aux biens de caractère civil,» insiste le CIRC.
Il appelle urgemment toutes les parties à redoubler d’efforts pour préserver les populations civiles et les infrastructures essentielles pour la survie de ces communautés affectées, ainsi qu’à faciliter l’accès aux soins de santé pour les blessés.
Juvénal MUTAKATO


