RDC : 24 Janvier 2019-24 Janvier 2020, une année de l’alternance sur fond de tensions FCC-CACH

RDC : 24 Janvier 2019-24 Janvier 2020, une année de l’alternance sur fond de tensions FCC-CACH

Les Congolais fêtent ou commémorent – c’est selon- aujourd’hui vendredi 24 janvier 2020, le premier anniversaire de l’alternance politique survenu le 24 janvier 2019 au plus haut sommet de l’État. Ce fut donc un jeudi, sous un ciel ensoleillé à la Cité de l’Union africaine (UA) à Kinshasa, que le Président élu sortant, Joseph Kabila, passait le flambeau à son successeur Félix-Antoine Tshisekedi, vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018.

Pour une toute première fois dans l’histoire politique de leur pays depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960, les Congolais ont assisté à une passation civilisée de pouvoir entre deux Présidents vivants. Au-delà d’un cérémoniel d’État, l’événement avait charrié une forte symbolique dans la vie démocratique du pays. Et même de l’Afrique subsaharienne, très abonnée aux coups d’État.

Ainsi, depuis le 24 janvier 2019, les Communautés occidentale et africaine avaient changé leur façon de regarder la RD Congo que d’aucuns ont considéré, à tort ou à raison, comme un pays politiquement immature.

Cependant, il se trouve que la célébration de l’an 1 de l’alternance politique en RD Congo, survient dans un environnement très agité, sur fond de tension entre les deux camps de la coalition au pouvoir. A savoir, le Front commun pour le Congo (FCC) du Président honoraire Joseph Kabila et Cap pour le changement (CACH), plateforme chère à l’actuel Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi.

D’ores et déjà, des observateurs notent que la situation politique actuelle du pays, empreinte d’un climat de morosité, est la suite logique de précédents fâcheux qui ont mis la tempête dans un verre d’eau au courant du second semestre de l’année 2019.

Le premier épisode de la crise aura donc été la séquence du député national Fcc Charles Nawej, accusé en juin dernier, d’outrage contre l’actuel Chef de l’Etat. Ce, à la suite des nominations à la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC) et à la Générale des carrières et des mines (GECAMINES).

Loin de nous l’intention de remuer le couteau dans la plaie. Seulement, l’opinion se souviendra que les propos du député national Charles Nawej à la plénière de la Chambre basse, avaient créé de très vives tensions et même des incidents entre les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, et ceux du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ancien Président Joseph Kabila.

Face à l’ampleur d’une situation qui a failli faire voler la coalition en éclats, le député national auteur desdits propos n’avait pas hésité à faire amende honorable. En témoigne, sa déclaration faite le 15 juin 2019, dans laquelle Charles Nawej avait exprimé ” ses plus profonds regrets “, avant de solliciter l’indulgence du Président de la république et de tout le peuple congolais suite au grave malentendu né des propos tenus au sein de l’Assemblée nationale.

” Rien, ni personne ne peut justifier une atteinte à la plus haute instance de notre pays. C’est pourquoi, je regrette sincèrement être à l’origine de cette entame dans notre cohésion nationale, et réitère la demande de pardon de notre nation  “, avait imploré Charles Nawej.

L’EPISODE KABUND

Après les propos de Charles Nawej en juin, un autre incident est survenu cinq mois plus tard. Soit, en novembre dernier. En toile de fond, la destruction méchante et répréhensible à Kinshasa et à Kolwezi, des sièges de deux principaux partis politiques de la coalition, à savoir le Pprd et l’Udps ainsi que le déchirement des effigies de de Félix-Antoine Tshisekedi et de Joseph Kabila dans les mêmes agglomérations.

On rappelle que lors de ce deuxième épisode du clash au sein de la coalition Fcc-Cach, le camp vexé fut celui de Joseph Kabila, à la suite des propos de Jean-Marc Kabund A Kabund, président intérimaire de l’UDPS, élu premier vice-Président de l’Assemblée nationale.

S’adressant le 12 novembre à la base de l’Udps au siège national du parti situé à la 11ème rue Limete, Jean-Marc Kabund avait tenu des propos qui avaient frustré les sociétaires du Fcc. Pour ces derniers, les déclarations du président intérimaire de l’Udps étaient dangereuses et de nature à compromettre de nombreux sacrifices dont la coalition Fcc-Cach sont la pierre angulaire.

Tout en faisant remarquer à Jean-Marc Kabund que ses propos étaient contraires au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, spécialement en son article 121 alinéa 2 à 4, les élus nationaux membres du FCC avaient rappelé à ce dernier qu’il tenait son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale “grâce à l’existence de la coalition parlementaire Fcc – Cach et au vote majoritaire des députés du Fcc».

Voilà pourquoi, ils avaient, à leur tour, exigé des excuses solennelles de Jean-Marc Kabund aussi bien à ses collègues députés qu’à toute la nation congolaise. On connaît la suite.

IRONIE DE L’HISTOIRE

Après qu’on a surfé sur les deux séquences rappelées ci-dessus, l’ironie de l’histoire atteste que, cette fois-ci, le précédent fâcheux est la déclaration du Président de la république, faite le mardi 21 janvier courant devant la communauté congolaise à Londres.

Des déclarations qui ont suscité une très vive polémique n’ayant ni cesse ni fin. Une controverse ambiante au point de créer une tension qui ne baisse pas d’intensité entre les deux plateformes qui forment la majorité parlementaire.

Autrement, dit, pour cette énième séquence, c’est le Chef de l’Etat Félix-Tshisekedi qui se trouve lui-même au cœur de la crise. En cette date symbole et historique du 24 janvier, nul sage ne conseillerait donc les deux camps à laisser pourrir la situation.

Bien au contraire. Car, on peut, à la limite, connaitre comment nait une crise. Mais personne ne saurait dire comment celle-ci va terminer et au profit de qui.

Toujours est-il que dans la situation actuelle du pays, une crise politique majeure en RD Congo ne serait profitable à personne. Personne n’en sortirait gagnant. Par conséquent, la préservation de ce qui est acquis reste un impératif sur lequel nul ne saurait transiger.

Avec Forum des as

La Rédaction JamboRDC

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