La situation sécuritaire est redevenue calme l’après-midi de ce lundi 27 avril dans la localité de Cifunzi, groupement de Kalonge en territoire de Kalehe (Sud-Kivu). C’est après le décès de deux personnes tuées entre la nuit du dimanche 26 et la matinée du lundi 27 avril lors d’actes de justice populaire, confie un militant du mouvement citoyen Observatoire d’actions parlementaires et gouvernementales (OBAPG-RDC).
Selon des témoignages concordants, un premier incident s’est produit lorsqu’un élément Wazalendo s’est présenté au domicile d’un habitant pour procéder à une arrestation dont les motifs restent flous. Une altercation a alors éclaté avec des membres de la communauté, conduisant à son lynchage par une foule en colère.
Quelques heures plus tard, vers 5 h30 ce lundi, une foule s’est dirigée vers le cachot de la Police nationale Congolaise (PNC) à Kalonge. Les manifestants ont forcé l’entrée et extrait un détenu identifié comme Bahati Lubugu, soupçonné d’être lié au premier incident.
Il a été à son tour lynché, selon l’OBAPG-RDC, noyau de Kalonge, qui attribue cet acte à des proches de la première victime.
En milieu de journée, les Forces armées congolaises (FARDC) ont intervenu alors que la tension demeurait extrêmement vive. Des tirs ont été signalés dans la localité, tandis que les activités socio-économiques étaient paralysées. Écoles et centres et marché ont fermé par mesure de sécurité, et un climat de peur s’est installé jusque dans les villages voisins.
Yoweli Nyabirungu militant du mouvement citoyen OBAPG-RDC noyau de Kalonge contacté par notre rédaction ce mardi 28 avril, condamne ces actes, qui selon lui, constitue une atteinte aux droits humains. Il dénonce également le manque de professionnalisme des éléments de la PNC, qui auraient dû intervenir à temps.
« Nous ne pouvons que condamné cette situation qui s’est produite au niveau du centre de Kalonge, mais aussi nous dénonçons le manque de professionnalisme de certains éléments de l’ordre puisque ceci aurait dû être éviter si du moins ils ont été à la hauteur de maîtriser la situation, » déplore-t-il.
OBAPG-RDC déplore une rupture de confiance entre la population et les services de sécurité, dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité. Elle appelle à une intervention urgente des autorités provinciales, à l’ouverture d’une enquête indépendante et à la mobilisation des leaders communautaires et religieux pour apaiser les tensions.
Il demande à la population de bien gérer leurs émotions face à une une situation qui demande d’agir rationnellement. Ce mouvement citoyen exhorte la population de promouvoir la cohésion sociale, la paix mais aussi de ne pas se rendre justice.
Juvénal MUTAKATO


